Plan Borloo : pour Aurélien Taché, "la banlieue n'a pas besoin d'argent de poche"

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Interrogé par Europe 1, le député LREM du Val-d'Oise estime que les efforts en matière de politique de la ville doivent se porter sur un meilleur accompagnement des habitants des quartiers populaires.
INTERVIEW

Que va-t-il advenir du rapport de Jean-Louis Borloo sur les banlieues ? Emmanuel Macron doit annoncer mardi une série de mesures sur la politique de la ville et, selon plusieurs sources gouvernementales au Monde, le chef de l'Etat pourrait laisser de côté une large partie des préconisations faites par l'ancien maire de Valenciennes. "Jean Louis Borloo fait des propositions intéressantes", reconnaît lundi, au micro d'Europe 1, Aurélien Taché le député LREM du Val-d'Oise. "Mais je pense qu'il faut changer de logique, la banlieue n'a pas besoin d'argent de poche", nuance aussitôt ce proche d'Emmanuel Macron.

Combattre les a priori. Ainsi, l'élu "ne croi[t] pas à un grand soir de la banlieue". "Par contre, il y a beaucoup de choses à faire parce qu'aujourd'hui, en France, quand on veut, on ne peut pas", déplore-t-il. "Quand on veut accéder à un emploi qui correspond à ses qualifications et que l'on habite à Cergy, avec le RER défaillant, un patron parisien va hésiter à vous recruter. Quand vous voulez louer un appartement parisien et que vous vous appelez Djibril ou Mohammed… dans certains quartiers, on va vous dire que c'est déjà loué", cite-t-il en exemple.

Investir sur l'humain. "Ceux qui vivent dans les banlieues ont besoin d'avoir les mêmes codes et les mêmes accès que tous les Français. Aujourd'hui, ça n'est pas le cas", résume Aurélien Taché. "Il faut clairement des moyens, il faut investir dans les quartiers, je suis d'accord. Mais il faut investir sur les gens qui y vivent", insiste-t-il, en évoquant notamment un meilleur soutien aux créations d'entreprises dans les zones défavorisées.

Des "gisements" à exploiter. "Quand j'entends parler de territoires perdus, je suis vraiment choqué. […] Quand d'autres parlent des banlieues comme de territoires étrangers, où il faudrait envoyer de l'argent ou l'armée selon les sensibilités, là aussi je suis choqué", relève-t-il. "Voyons les banlieues pour ce qu'elles sont aujourd'hui : des territoires où il y a des gisements qui ne sont pas exploités", conclut le député.

Europe 1
Par Romain David