Les maires bretons livrent leurs propositions pour une meilleure égalité des territoires

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Saint-Brieuc
Emmanuel Macron assistait mercredi aux premières assises des maires de Bretagne. © Damien MEYER / POOL / AFP
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Lors des premières assises des maires bretons à Saint-Brieuc mercredi, face à Emmanuel Macron, les élus locaux ont fait part de leurs inquiétudes et formulé dix propositions. 

Augmenter les dotations aux communes rurales, garantir l'égalité d'accès au numérique : les maires bretons ont livré mercredi, face à Emmanuel Macron, une liste de dix propositions pour une meilleure égalité des territoires à l'occasion de leurs premières assises à Saint-Brieuc. Restitution d'une enquête inédite menée depuis janvier auprès des 1.208 maires bretons dans le cadre du "grand débat national", l'enquête porte aussi bien sur le fonctionnement des institutions que sur les attentes de la population.

Dotations, services publics...

Selon le président des maires bretons Dominique Cap, les résultats ne révèlent "pas de baisse de moral chez les maires". Dans une région dynamique économiquement, 63% des 500 répondants disent ainsi ne pas ressentir de "décrochage" de leur territoire. Tous appellent par ailleurs de leurs vœux un acte 3 de la décentralisation. Majoritairement retraités (54%) et élus de communes de moins de 3.500 habitants, les maires disent consacrer en moyenne 37 heures par semaine à leur mandat. Baisse des dotations, effets pervers de la métropolisation, hausse des contraintes réglementaires, finances contraintes, déserts médicaux, manque de considération... Ils n'ont toutefois pas hésité, dans la synthèse présentée mercredi, à faire part de leurs inquiétudes. 

Au total, 62% déplorent le mille-feuille administratif et 65% considèrent que la suppression de la taxe d'habitation a un impact négatif sur leur territoire. Concernant les agriculteurs, 60% constatent une dégradation de leurs revenus. La complexité réglementaire, les injustices fiscales et les inégalités arrivent en tête, avec l'accès à Internet, des préoccupations des administrés. Sur le plan des institutions, 67% des maires se disent opposés à la réduction du nombre d'élus locaux et 61% jugent que le référendum d'initiative citoyenne n'est pas une bonne idée. 

Dix propositions

Pour renforcer la cohésion territoriale, les élus ont formulé dix propositions, en premier lieu l'augmentation des dotations aux communes rurales pour une meilleure équité avec les grandes villes et la généralisation des maisons de services aux publics. Concernant l'aménagement, ils proposent de faire de la Bretagne la première région fibrée et réclament une simplification des procédures d'urbanisme. Les maires bretons, qui se sentent majoritairement "dépossédés" de leur pouvoir de décision, proposent en outre de renforcer le pouvoir de décision de la conférence des maires au sein de l'intercommunalité.

Sur les relations avec l'Etat, ils demandent que le préfet devienne leur interlocuteur unique. Revendiquant le droit à expérimenter, ils proposent enfin que les dotations de l'Etat soient placées sous l'autorité d'un "comité régional des finances locales", et qu'une commune puissent expérimenter une partie d'une compétence d'une collectivité plus importante. 

 

Macron veut redéfinir le projet national et européen. Emmanuel Macron a annoncé mercredi à Saint-Brieuc que la sortie du "grand débat" prendrait la forme d'une "redéfinition d'un projet national et européen", et pas seulement d'une liste de réponses à des demandes catégorielles. Emmanuel Macron a souligné d'emblée que la réponse au grand débat ne peut être "ni un reniement de ce qui a été fait pendant deux ans", "ni un entêtement parce qu'il y a aussi des messages qui sont envoyées, des demandes claires qui n'ont peut-être pas toujours été entendues jusque-là".

"Beaucoup des sujets qui ont été évoqués par nos concitoyens durant ce débat ne sont pas simplement des demandes catégorielles et donc n'appellent pas une liste de réponses", selon lui. "Le temps dans lequel nous entrons est pour moi celui de la redéfinition du projet national et européen, c'est-à-dire d'une capacité aussi à revisiter des choses dont nous n'avons pas discuté dans le débat public au moment de l'élection présidentielle, qui, parfois, ont été enfouies depuis très longtemps", a expliqué le président de la République.