"Choc de décentralisation" : Dominique Bussereau appelle à "redonner plus de pouvoirs aux collectivités"

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Le président de l'Assemblée des Départements de France, Dominique Bussereau, saisit l'occasion de la fin du "grand débat national" pour demander "plus de pouvoirs aux collectivités" locales. 

INTERVIEW

Dans le cadre du "grand débat national", qui prend fin le 15 mars, les trois grandes associations d’élus locaux appellent l'État à un nouveau "choc de décentralisation". "La Constitution dit que la République est décentralisée. Il y a déjà eu deux grandes phases de décentralisation, en 1982 et en 2003. Nous pensons que, seize ans après, il est temps de redonner plus de pouvoirs aux collectivités", a souligné sur Europe 1 mercredi Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des Départements de France (ADF) et président du Conseil départemental de Charente-Maritime.

Cinq objectifs. Réunies dans l’association Territoires Unis, l’ADF, Régions de France et l’Association des maires de France fixent cinq objectifs pour "une décentralisation véritable" : garantir la libre administration des collectivités territoriales et assurer leur autonomie financière, mettre la commune au centre de la démocratie de proximité, renforcer le rôle des collectivités dans les politiques publiques et établir une nouvelle répartition des compétences.

"Pas moins d'État mais mieux d'État". Pour Dominique Bussereau, l’idée est de "permettre aux territoires d'être mieux entendus et de gérer eux-mêmes leurs affaires". "Ça ne veut pas dire moins d'État mais mieux d'État, qu’il se concentre sur le régalien, là où il est attendu. Et que sur la vie quotidienne des Français, ce soit les élus des territoires avec leurs concitoyens qui assurent mieux leurs responsabilités, sans que l'État s’en mêle quotidiennement", a-t-il estimé au micro de Matthieu Belliard.

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Pour un "droit à l'expérimentation" des collectivités. Le président de l’ADF prend notamment pour exemple les territoires ultramarins, où la République a "réussi à faire du sur-mesure institutionnel pour répondre aux attentes des concitoyens". Il plaide notamment pour un "droit à l’expérimentation", qui donnerait la possibilité aux collectivités d’innover. "On peut essayer de faire les choses différemment, dans une zone de littoral ou de montagne, en banlieue, en ruralité…", illustre-t-il.

Cet appel à une "nouvelle phase de décentralisation" émane, selon Dominique Bussereau, de la crise des "gilets jaunes" : "C’est l’idée que les Français se sont faits au fil des mois, qu’il y avait une certaine verticalité, que tout partait du président et du gouvernement et qu’on n’écoutait plus les territoires."