"Le nouveau monde d'Emmanuel Macron est une terre promise pour une élite", dénonce Pascal Pavageau

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L'ancien chef de file de FO revient au micro d'Europe 1 sur la politique menée par Emmanuel Macron. Au retour de sa cure médiatique commencée il y a un an, à la suite de sa démission dans le cadre du fichage d'une centaine de cadres de Force Ouvrière, il publie un livre : "Allô Jupiter, ici la terre".

On ne l'avait ni vu, ni entendu, depuis bientôt un an. Le 17 octobre 2018, Pascal Pavageau, ​alors secrétaire général de FO, démissionne à la suite de l'affaire du fichage d'une centaine de cadres de son syndicat. Aujourd'hui, il sort de son silence avec son livre, Allô Jupiter, ici la terre, entretiens avec Laurent Neumann - aux éditions Kero. Un livre dans lequel il revient brièvement sur cet épisode, avant de livrer sa vision de la politique d'Emmanuel Macron. 

S'il n'a passé que six mois à la tête de Force Ouvrière, Pascal Pavageau n'a pas perdu l'habitude de critiquer la politique du président de la République. Avec un titre de livre aussi évocateur, il ne s'en cache pas : "Emmanuel Macron n'a pas compris ce qu'il se passe sur Terre".

Invité de la matinale d'Europe 1 mercredi, l'ancien leader syndicaliste analyse : "C’est assez rare d’avoir un président qui a une vision. Le problème c’est qu’il construit cette vision uniquement sur la base de valeurs entrepreneuriales - le goût du risque, le leadership, le tout compétitivité". "Finalement ce nouveau monde, c'est une terre promise pour une élite, et tout le reste, les galériens du quotidien, ne l'atteindront jamais", déplore-t-il. 

La "faute historique" des syndicats vis-à-vis des "gilets jaunes"

Mais le président de la République n'est pas le seul dans le viseur de Pascal Pavageau. Selon lui, tous les leaders syndicaux français ont commis une "faute historique" vis-à-vis du mouvement des "gilets jaunes". "Ils n'ont pas reconnu ce qu'était les gens qui se mobilisaient sur les ronds-points. Il y a même eu de la méprise au début ! C'est extrêmement grave", tacle-t-il.

"Les revendications des 'gilets jaunes' étaient globalement celle du mouvement syndical depuis un siècle, et il était de la responsabilité des syndicats de tendre la main, de dire 'nous sommes là, nous avons soutenu, et si on peut vous aider, nous le ferons'", avance-t-il. Avant de conclure : "Lorsque la rue crie, ce n'est pas parce que vous fermez la fenêtre que cela s'arrête".

Europe 1
Par Ugo Pascolo