"C'est une erreur" : Manuel Valls s'oppose au rapatriement des djihadistes français

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Manuel Valls
Sur Europe 1, Manuel Valls s'oppose au rapatriement en France des djihadistes retenus par les Kurdes. © ERIC FEFERBERG / AFP
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Manuel Valls était samedi l'invité de Wendy Bouchard dans le "Grand journal du soir". Alors que la ministre de la Justice Nicole Belloubet a évoqué samedi matin la possibilité d'un rapatriement des djihadistes français, l'ancien Premier ministre a rappelé son hostilité à cette hypothèse, selon lui source de "risques".
INTERVIEW

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a évoqué samedi l'hypothèse du rapatriement des djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie, son entourage réfutant toutefois une rupture avec la position de Paris sur ce dossier sensible. Samedi soir, sur Europe 1, Manuel Valls, désormais exilé en Espagne, a rappelé sa position sur cette épineuse question. "Moi je ne crois pas qu'il faut le faire. Je respecte la position du gouvernement, mais je crois que c'est une erreur", a fermement affirmé l'ancien Premier ministre.

"Je crois que ces hommes, ces femmes qui ont commis des faits atroces et qui ont participé à la guerre, à des actes de torture, à des viols, doivent d'une manière ou d'une autre être jugés et payer leurs actes là où ils les ont commis", affirme Manuel Valls.

"Il ne faut pas créer les conditions d'un danger supplémentaire"

L'ancien Premier ministre craint que le rapatriement des djihadistes français détenus par les Kurdes en Syrie ne soit source d'un danger pour la France. Il évoque notamment - en se référant à l'ouvrage du chercheur Hugo Micheron, Le djihadisme français - la présence importante de réseaux djihadistes dans les prisons françaises. "Beaucoup de terroristes sortiront dans peu de temps, et ce sera un défi supplémentaire pour la société française", prévient-il.

"Beaucoup ne regrettent pas leurs actes. Les dirigeants politiques doivent savoir, et faire comprendre aux Français, qu'il y a encore des risques pour demain. Il faut faire très attention. Nous avons plusieurs millions de personnes radicalisées en France, en Europe. Il ne faut pas créer les conditions d'un danger supplémentaire", explique Manuel Valls. 

Jusqu'ici, le gouvernement français n'a accepté de rapatrier des enfants de ces camps qu'au "cas par cas". Après des mois de tergiversations dans un contexte de forte hostilité de l'opinion, Paris a ainsi, en juin 2019, rapatrié 12 enfants, dont la majorité étaient des orphelins, après cinq rapatriements en mars 2019.

Europe 1
Par Lucie de Perthuis