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Alexandre Chauveau et Louis de Raguenel / Crédits photo : FREDERIC PETRY / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP , modifié à
Les atteintes à la laïcité à l’école sont en constante augmentation depuis l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020, selon une note des services de l'État qu'Europe 1 s'est procurée. Sur la seule année scolaire 2022-2023, 4.710 signalements pour atteintes à la laïcité à l'école ont été recensés.

4.710 signalements pour atteintes à la laïcité à l'école ont été recensés en 2022, soit une hausse de 150% en un an. Selon une note des services de l'État qu'Europe 1 s'est procurée, les atteintes à la laïcité à l’école sont en constante augmentation depuis l'assassinat de Samuel Paty en octobre 2020.

L'augmentation du fait religieux chez les jeunes

L'une des raisons de cette augmentation est le port de tenues et de signes religieux non conformes à la loi de 2004, relative au respect du principe de laïcité dans les écoles. En 2022-2023, la majorité des académies ont ainsi procédé à des signalements sur le port d'abayas pour les jeunes filles, ou de kamis pour les garçons. 

Selon une note des services de l'État, ces faits sont en constante augmentation depuis le premier trimestre de l'année scolaire 2021-2022 (347 signalements entre septembre et novembre 2021), jusqu’à représenter au dernier trimestre 2023 (avril-juillet) 49 % des signalements, soit 923 faits recensés. Pour expliquer cette hausse, le ministère de l'Éducation nationale met en avant trois facteurs principaux. Tout d'abord, "une évolution significative au sein de la jeunesse de la place accordée à la religion" et une "vision à l'anglo-saxonne de la laïcité". Autrement dit, à l'opposé du modèle assimilationniste.

La rue de Grenelle pointe également du doigt "des pressions familiales et communautaires", ainsi que le soutien d’associations comme le Collectif contre l'Islamophobie en Europe, ancien CCIF, dissout en France après l'assassinat de Samuel Paty.

150 établissements concernés en France

Au total, 150 établissements sont concernés sur tout le territoire, avec pour certains d'entre eux, précise la note, une situation "très difficile". Une académie relève ainsi que le "nombre de jeunes filles portant de telles tenues au sein d'un même établissement est parfois relativement important (supérieur à 30 par jours)". Certaines académies insistent sur la nouveauté du phénomène. "C’est la première année où le nombre de signalements est aussi intense", indique ainsi un rectorat.

Un dossier brûlant pour Gabriel Attal

Le dossier fait partie des priorités du nouveau ministre de l'Éducation, Gabriel Attal. Le successeur de Pap Ndiaye fera sa première rentrée dans son nouveau costume la semaine prochaine. L'ancien ministre du Budget est attendu sur la question. Le mois dernier, il déclarait au Figaro : "Sur la laïcité, on a trop donné le sentiment que la ligne n’était pas claire. Et, le flou, c'est très difficile pour les acteurs de terrain. Les abayas, par exemple, sont des vêtements religieux ; ils doivent être traités comme tels".

Le nouveau locataire de la rue de Grenelle s'est également déclaré favorable à l'expérimentation de l'uniforme dans les établissements volontaires. Sur Europe 1 en janvier dernier, celui qui avait imposé le port de l'uniforme aux jeunes participants au service universel, déclarait alors : "Il y a une attente d'autorité dans notre pays, mais aussi d'appartenance. Quand on a une tenue commune dans le cadre de l'école ou dans un projet, il y a un sentiment d'appartenance aussi qui est recherché par les jeunes."