Après la déroute de LR aux Européennes, un bureau politique sans "solution miracle"

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Laurent Wauquiez doit faire face à une contestation interne.
Laurent Wauquiez doit faire face à une contestation interne. © AFP
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Au lendemain du très mauvais score de François-Xavier Bellamy aux européennes (8,48%), la stratégie politique de Laurent Wauquiez est remise en cause chez Les Républicains. Mais le manque d'alternatives pourrait sauver le patron du parti, qui a annoncé des "Etats généraux". 

Fiasco, revers, échec cuisant… Les observateurs ont eu l'embarras du choix pour qualifier le score réalisé par Les Républicains aux élections européennes, dimanche soir : la liste menée par Françoix-Xavier Bellamy a réuni seulement 8,48% des suffrages.

"La droite conservatrice, c'est une niche"

Et au lendemain de cette défaite, c'est le patron du parti, Laurent Wauquiez, qui se retrouve visé par certains de ses collègues. Lundi matin, Valérie Pécresse, rivale interne, a expliqué sur RTL qu'"à sa place", elle démissionnerait de la présidence du parti de droite. Au sein de la formation politique, on aime à rappeler qu'après le fiasco de 1999, avec 12,8%, Nicolas Sarkozy avait quitté la direction du RPR.

Autour de la table du bureau politique convoqué lundi soir, Laurent Wauquiez n'avait donc pas que des gens qui lui veulent du bien. Tout le monde ne réclame pas sa tête, loin de là, mais beaucoup considèrent qu'a minima, un changement de ligne politique s'impose. "La droite conservatrice, c'est une niche", déplore un cadre. "On doit parler à la droite modérée partie chez Macron", martèle un autre. 

"Le drame de tout ça, c'est de voir une famille politique, celle de la droite et du centre, qui est menacée de mort. Depuis un an et demi, un certain nombre de responsables ont considéré qu'il fallait continuer de resserrer, de vivre en renvoyant ceux qui pouvaient avoir une voix différente, et faire de ce grand parti de la droite et du centre un parti rabougri, étriqué", tacle pour sa part Jean-François Copé, lundi soir sur Europe 1. Selon lui, Laurent Wauquiez "a commis une erreur de jugement majeur" en choisissant de resserrer la ligne du parti sur son aspect le plus conservateur, avec une "approche complètement sectaire".

Wauquiez annonce des Etats généraux

Lundi soir lors du bureau politique, tout le monde n'a pas voulu participer à ce qui ressemble à une séance de lavage de linge sale en famille : le président du Sénat Gérard Larcher et le président du groupe parlementaire au Palais du Luxembourg, Bruno Retailleau, ont séché. Au Sénat, on considérait cette réunion comme un piège, car le bureau politique compte beaucoup de proches du patron de LR.

Laurent Wauquiez consulte pour sa part depuis dimanche soir : il a même eu Nicolas Sarkozy au téléphone. À l'issue du bureau lundi soir, il a esquissé les premières mesures de sa stratégie de contre-attaque, en proposant "des états généraux" du parti à la rentrée, afin de "tout remettre à plat". "Gardons-nous des solutions simplistes qui ne résoudront rien. Ma première responsabilité, c'est de me mettre à l'écoute de tous ceux qui veulent reconstruire. (...) L'idée serait d'organiser des états généraux que nous préparerions d'ici à la rentrée", lors desquels "il faut tout remettre à plat sur les valeurs, le projet, le fonctionnement et la stratégie d'alliance", a déclaré le patron de LR.

Cela sera-t-il suffisant ? Certains en doutent. Lundi matin, un élu a prévenu Laurent Wauquiez sans prendre de gants : "Tu passes mal dans l'opinion publique". Mais le patron des Républicains a les statuts avec lui, car il a été très largement élu par les adhérents il y a un an et demi. De nombreux élus ne voient de toute façon pas de "solution miracle" pour relever la tête à court et moyen terme pour le remplacer. "C'est un échec collectif", disent ses soutiens, "que toute la famille doit assumer".

En outre, d'autres alertent sur les risques de se lancer de nouveau dans une bataille pour la tête du parti. "Je n'ai vraiment pas le sentiment que notre électorat ait envie à tout prix d'une élection interne, d'une nouvelle bagarre de chefs", prévient Christian Jacob sur Europe 1. Et de conclure : "On a porté cette campagne ensemble, on a plutôt joué collectif et c'est dans le collectif que l'on doit reconstruire."