Échange entre Macron et un chômeur : "Sur le fond, Macron a très largement raison", estime Raymond Soubie

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L'ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy reconnaît sur Europe 1 "qu'il y a beaucoup d'emplois vacants en France", mais souligne le "langage très direct" d'Emmanuel Macron.
INTERVIEW

Samedi, Emmanuel Macron a affirmé à un jeune diplômé en horticulture en recherche d'emploi qu'il pourrait trouver du travail dans l'hôtellerie et dans la restauration "en traversant la rue". "Ce qu'il dit est une vérité. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'emplois vacants en France, qui varient selon l'estimation entre 150.000 réellement vacants et 250.000 qui pourraient le devenir", a commenté lundi Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, au micro de Raphaëlle Duchemin et Pierre de Vilno sur Europe 1. Mais le problème vient du fait que "ce sont des emplois qui sont, soit dans les secteurs de technologies avancées comme l'informatique, soit des emplois considérés comme peu attractifs avec beaucoup de contrats courts" comme "le type d'emplois qu'Emmanuel Macron a cités".

Echange entre Macron et un chômeur : "Sur le fond, Macron a très largement raison", estime Raymond Soubie

"Il a un langage très direct." Raymond Soubie estime donc que "sur le fond, il (Emmanuel Macron) a très largement raison" mais que la forme, elle, est plus discutable. "Ce n'est pas la première fois qu'il fait ça. Il a un langage très direct. Lorsqu'il est en contact avec des Français dans la rue, il se libère en quelque sorte, avec une forme de brutalité", juge-t-il. "Il est difficile de dire à un jeune homme qui s'apprêtait à devenir horticulteur qu'il a des emplois comme assistant boucher", poursuit Raymond Soubie.

D'après lui, l'option proposée par Emmanuel Macron à ce jeune horticulteur peut s'avérer efficace à court terme mais il faut trouver des solutions à plus long terme : "Dire à quelqu'un qu'il n'a qu'à aller quelques rues plus loin, quasiment dans l'instant, pour trouver un emploi de garçon de café, je dirais que c'est un peu rapide par rapport à la réalité."

Soubie "ne pense pas" que Macron veuille se dédouaner du problème du chômage. En tenant de tels propos, Emmanuel Macron peut être accusé de vouloir se dédouaner du problème du chômage en France, qui atteignait 9,1% au deuxième trimestre 2018. Raymond Soubie "ne pense pas" que ce soit le cas : "Je pense qu'il part d'une profonde conviction qui est de dire qu'il y a des dysfonctionnements de l'emploi en France, ce qui explique pour partie le taux de chômage et pour partie l'insatisfaction des chômeurs et jeunes chômeurs."