Pour trouver un emploi, "je traverse la rue et je vous en trouve" : Europe 1 a vérifié le conseil de Macron

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Samedi, interpellé par un jeune diplômé du secteur horticole au chômage, le chef de l'État lui a affirmé qu'il trouverait un travail simplement en traversant la rue pour postuler auprès de bars et de restaurants. Europe 1 l'a pris au mot.
REPORTAGE

C'est la dernière phrase polémique d'Emmanuel Macron. Samedi, lors des Journées européennes du patrimoine, le chef de l'État a été interpellé dans les jardins de l'Élysée par un jeune diplômé du secteur horticole, actuellement au chômage, affirmant que les employeurs auprès de qui il déposait son CV ne le rappelaient pas.

Réponse du président : "Il y a des tas de métiers, il faut y aller ! Honnêtement, hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve. Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler, avec les contraintes du métier. Vous allez à Montparnasse, vous faites une rue avec tous les cafés et les restaurants, franchement, je suis sûr qu'il y en a un sur deux qui recrute en ce moment."

Le premier entretien tourne court. Europe 1 a tenu à vérifier le conseil présidentiel en prospectant dans le secteur de la gare parisienne. Rue de la Gaïté, notre premier entretien n'est pas vraiment le plus long de notre parcours professionnel : il dure à peine cinq secondes. 

"- Nous aimerions du boulot, que pouvez-vous nous proposer ?

- Moi je suis complet, on est un petit bar, on n'a pas de restauration. 

- Où peut-on aller ?

- Juste en face, au Backstage, ils ont du travail. Au café Gaïté, aussi."

 

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"Sans expérience, vous allez partir de vous-même". Direction donc le café Gaïté, dans la rue du même nom. Nous sommes assez confiant quand nous passons la porte car selon les rumeurs, le patron chercherait des serveurs, des barmen et des cuisiniers. La suite se révèle malheureusement un peu décevante. 

"- Vous avez de l'expérience ? 

- Non.

- Alors je ne vous prends pas. Sans expérience, vous allez partir de vous-même. Ce sont des horaires de 7 heures à 3 heures du matin, en continu. En général, vous faites de 500 à 600 couverts par jour et à la fin de la journée, vos chaussures, elles fument. Ce n'est pas juste porter des assiettes."

La motivation, facteur-clé ? Les promesses présidentielles seraient-elles en train de s'envoler ? Toujours théoriquement au chômage, nous traversons la rue et entrons au Tournesol, un bistrot parisien comme il y en a des centaines d'autres. Ici, le responsable des lieux illustre d'une certaine manière ce qu'a voulu dire Emmanuel Macron. "J'ai fait des études dans l'aménagement de l'espace vert et maintenant je me retrouve responsable d'une brasserie à Paris. Rien n'est impossible avec de la motivation", veut croire "Paulo".

"- Ici, vous cherchez ?

- Oui, ponctuellement, surtout des gens motivés.

- On est embauché ou pas ?

- Pourquoi pas ! Vous êtes motivés ?

- Oui ! Quelle est la rémunération ?

- C'est un pourcentage sur la recette qui rapporte en fin de journée. Ça tourne aux alentours de 100 à 200 euros la journée."

Avec de la motivation, Paulo est d'accord pour nous former comme serveur avec un CDD de trois mois en période d'essai, reconductible. Et si nous ne renversons pas trop de bière, nous pouvons éventuellement espérer un CDI au bout de neuf mois dans son établissement.

Europe 1
Par Jean-Jacques Héry, édité par Thibaud Le Meneec