Contrôle des chômeurs : "Il n'y a pas de surprise", selon le député LREM Sacha Houlié

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De nouvelles mesures renforçant le contrôle des chômeurs sont entrées en application en ce début d'année.
INTERVIEW

C'est un décret qui a bien failli passer inaperçu, publié entre Noël et le jour de l'an, mais qui provoque finalement quelques remous : de nouvelles mesures ayant trait au contrôle des chômeurs sont entrées en application en ce début d'année. Problème : elles sont synonymes de sanction plus dures que prévu pour les chômeurs qui refusent des offres "raisonnables" d'emploi et certains syndicats s'estiment trahis. "J'ignore si les syndicats ont été consultés sur ce sujet. Si cela n'a pas été fait, c'est dommage. Mais il n'y a pas de surprise, il y avait des travaux en cours", défend Sacha Houlié, député LREM de la Vienne, invité d'Europe 1 jeudi.

Remobiliser les chômeurs découragés. Sacha Houlié estime que "ces mesures (inclues dans la loi "avenir professionnel" et adoptées par le Parlement, ndlr) visent à inciter à un retour vers l'emploi". "Si on regarde les chiffres des demandeurs d'emploi : 66% recherchent activement un travail, 20% se sont découragés et 14% ont tout simplement arrêté leurs démarches", souligne-t-il. "Des gens doivent être remobilisés pour qu'on les accompagne, d'autres ne cherchent pas d'emploi", ajoute-t-il, assurant que le décret doit permettre de mieux suivre les demandeurs d'emploi.

Selon le jeune député LREM, ce décret induit même une certaine justice dans le traitement des dossiers. "Une chose est essentielle, c'est un objectif du décret et il faudra vérifier qu'il est atteint : on ne peut traiter de la même façon une personne qui a eu un emploi précaire et un cadre qui aurait les moyens de retrouver très rapidement du travail", affirme Sacha Houlié. "Ce cadre, s'il ne se présente pas à Pôle emploi, mérite, lui, une suspension de ses droits."

Sanctions durcies. Parmi les mesures du décret, les sanctions concernant l'insuffisance de recherche d'emploi (refus à deux reprises de deux offres raisonnables d'emploi par exemple), ont été durcies. Le gouvernement avait évoqué une suspension de l'allocation d'un mois la première fois, de deux mois la deuxième fois et quatre mois la troisième fois. Il avait alors précisé que l'allocation serait amputée à partir de la deuxième fois. D'après le décret, l'allocation est "supprimée" dès le premier manquement et non "suspendue", ce qui permettait de conserver ses droits.