Retraites : après les manifestations, syndicats et gouvernement peuvent-ils débloquer la situation ?

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Philippe Martinez, Laurent Berger et Édouard Philippe, trois personnages-clés dans la réforme des retraites. © AFP
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Le Premier ministre Édouard Philippe reçoit, mercredi à partir de 14 heures, les partenaires sociaux, dont Philippe Martinez (CGT) et Laurent Berger (CFDT), pour tenter de trouver une issue au mouvement social contre la réforme des retraites. Après une mobilisation massive, mardi, cette journée de mercredi sera décisive pour la suite de la mobilisation.
ON DÉCRYPTE

Après la rue, c'est le retour des discussions. Le Premier ministre Édouard Philippe reçoit à partir de 14 heures, mercredi, les différents leaders des partenaires sociaux avec, à chaque fois, un tête-à-tête pour tenter de faire avancer les négociations sur la réforme des retraites, maintenant défendue par le nouveau secrétaire d'État Laurent Pietraszewski. Au lendemain d'une mobilisation massive à Paris et dans toute la France, l'exécutif veut faire basculer le rapport de force, tandis que les syndicats continuent de maintenir la pression sur le gouvernement, chacun à sa manière.

Mardi matin, devant les députés de la majorité, Édouard Philippe s’est dit "raisonnablement optimiste" quant à l'issue de la crise déclarée depuis maintenant deux semaines. À Matignon, on veut croire que ces négociations peuvent arrêter les grèves et les manifestations. Un objectif ambitieux, quand on sait que la CGT réclame le retrait pur et simple de la réforme.

Une affaire réglée jeudi ?

"Écoutez l'opinion publique, les grévistes, les manifestants ! Vous voulez que la situation s'arrange ? Nous on est tout à fait d'accord", a lancé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, au gouvernement, mardi. "C'est à vous de dire maintenant : 'on remet les compteurs à zéro et on discute vraiment de l'amélioration du système'. Ça peut se régler jeudi."

Si la CGT se montre confiante, c'est d'abord parce que la mobilisation de mardi n'a pas montré une nette retombée du mouvement social, malgré des chiffres en baisse. Mais aussi car que les sondages montrent qu'en dépit de la galère dans les transports, l'opinion publique continue de soutenir la mobilisation.

"On peut encore améliorer le projet"

Le gouvernement, lui, préfère miser sur les syndicats qui ne lui demandent pas un retrait total du projet : l'Unsa, la CFTC et évidemment la CFDT de Laurent Berger. "Édouard Philippe et lui sont d’accord sur les valeurs mais pas sur les modalités. Il va falloir trouver un chemin", explique un conseiller ministériel. Pénibilité, âge pivot… "On peut encore améliorer le projet", garantit un proche du Premier ministre.

La réunion de 17h20 entre Édouard Philippe et Laurent Berger sera en tout cas très attendue, alors que la CFDT campe sur sa position. "Ce qui est sûr, c'est que si le gouvernement ne répond pas à nos exigences d'ici la fin de la semaine en retirant l'âge d'équilibre et en rouvrant des discussions sur la pénibilité, par exemple, la CFDT se mobilisera de nouveau en janvier", prévient le secrétaire général de la centrale réformiste.

Des solutions alternatives demandées

C'est en cela que le projet du gouvernement pourrait évoluer, alors que l'obsession d’Édouard Philippe reste l’équilibre budgétaire. Mercredi après-midi, il va demander aux syndicats de lui proposer des solutions alternatives pour financer la réforme, une stratégie validée par les membres du gouvernement. "Des réformes des retraites lâches qui ne tenaient pas financièrement, j’en ai déjà votées", reconnaît un ministre de gauche, qui promet que "celle-là, elle tiendra la route".