À Wuhan, un an après le confinement, "la vie a repris son cours tout à fait normalement"

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Arnauld Miguet a été le correspondant de France télévisions à Wuhan en Chine pendant plus de 100 jours.
Arnauld Miguet a été le correspondant de France télévisions à Wuhan en Chine pendant plus de 100 jours. © Capture d'écran
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Confiné à Wuhan il y a un an, depuis laquelle il a raconté de l'intérieur l'épidémie de coronavirus, Arnauld Miguet, correspondant de France Télévisions en Chine, raconte sur Europe 1 comment la vie là-bas a depuis repris un cours quasi norma. Aucun cas de contamination locale n'y a en effet officiellement été observé depuis mai.
INTERVIEW

Le journaliste français Arnauld Miguet, correspondant de France Télévisions en Chine, s'est retrouvé confiné à Wuhan au moment de l'apparition du coronavirus, seul journaliste français sur place. Retourné dans la ville un an après, il raconte au micro d'Europe 1 comment la vie sur place a presque repris un cours normal, même si les habitants portent toujours des masques et sont très vigilants. 

"On ne veut pas revivre de ce que l'on a vécu il y a un an"

"C’est assez extraordinaire; il y a un an c'était une ville abandonnée, dans le silence, où la peur régnait sur la ville. Un an après, la vie a repris son cours tout à fait normalement", témoigne le correspondant. Evidemment, note-t-il toutefois, une certaine vigilance reste de mise. "Les gens sont vigilants, on ne veut pas revivre ce que l’on a vécu il y a un an", avec un confinement drastique, 73 jours de blocus de la ville et une impossibilité totale de sortir de chez soi, même pour aller faire des courses.

"Aujourd'hui, les masques sont toujours sur les nez. Ils ne sont pas obligatoires, mais ils sont à nouveau recommandés dans la ville", note toutefois Arnauld Miguet. En effet même si Wuhan est, officiellement, débarrassée du Covid-19, sans cas de contamination locale depuis le mois de mai, "il y a des cas en Chine, ce qui inquiète tout le monde".

Des contrôles toujours présents à l'approche du Nouvel an chinois

De Wuhan, "on ne peut regarder ce qui se passe dans le reste du monde qu'avec effarement", affirme le correspondant car la ville a été soumise très rapidement à un confinement très sévère, et semble aujourd'hui tirée d'affaire. "Il y a eu un certain retard à l'allumage. Mais finalement, aujourd'hui, la Chine semble avoir son mode d'emploi. Et le mode d'emploi est simple : tout le monde reste chez soi. Dès qu'il y a un cas, comme à Pékin il n'y a pas si longtemps, pour  34 cas découverts, c'est un confinement d'à peu près 300 mille personnes, d'un coup d'un seul. Plus personne ne sort, isolement des malades, traçage des cas contacts et population testée."

Une politique extrêmement stricte et toujours des mesures de restriction afin de parer à un éventuel retour du virus. "Les barrières, par exemple, les tentes pour contrôler l'entrée et la sortie des résidences, ont été remises en place au cas où car on sait que l'hiver va être long", précise Arnauld Miguet. D'ailleurs, à l'approche des vacances chinoises du Nouvel An chinois, "les autorités du pays recommandent à la population de ne pas voyager, et s'ils ne veulent pas rester chez eux, il va falloir qu'ils fassent des tests PCR pour pouvoir voyager à l'intérieur de la Chine et éventuellement subir des quarantaines là où ils vont".

 

 

L'origine du virus toujours en débat

En parallèle, une équipe de l'OMS est arrivée à Wuhan pour étudier l'origine du virus, mais le correspondant de France Télévisions rappelle que les scientifiques "vont être évidemment très encadrés par les autorités chinoises, mais aussi par des scientifiques chinois". Selon lui, "c'est une visite qui est sensible. La Chine est très susceptible. Aujourd'hui, les autorités chinoises disent que ce virus pourrait avoir une origine étrangère". 

Les spéculations continuent aussi, dit-il, autour du "fameux laboratoire P4, mais aussi sur le laboratoire P3 ou les laboratoires P2, avec des tas de rumeurs sur des chercheurs qui vendaient des animaux de laboratoire pour arrondir leurs fins de mois, dont le laboratoire qui se trouve juste à côté du marché du fameux marché aux poissons ou marché aux animaux sauvages. Difficile de savoir si les scientifiques de l'OMS, par exemple, auront accès au laboratoire P4. Pour l'instant, on n'en sait rien."

Europe 1
Par Séverine Mermilliod