Viaduc effondré à Gênes : les familles de victimes, entre douleur et indignation

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Les familles d'une partie des victimes ont choisi de ne pas participer aux funérailles nationales, certaines préférant des cérémonies plus intimes et dans leur ville, d'autres annonçant clairement un boycott.

Gênes et l'Italie disent adieu samedi aux victimes de l'effondrement d'un pont autoroutier lors de funérailles nationales boycottées par la moitié des familles en colère contre le gouvernement. La cérémonie a débuté à 11h30 dans un hall du parc des expositions, tandis que sur le site du drame, des centaines de secouristes continuent de se relayer à la recherche d'autres victimes : l'effondrement du pont a précipité voitures et camions dans le vide, faisant 41 morts et une quinzaine de blessés, tandis que plusieurs personnes sont toujours portées disparues.

"La blessure est profonde." De longs applaudissements ont salué la lecture, pendant les funérailles d'Etat, des prénoms des 38 morts identifiés du pont effondré et l'évocation des dernières victimes retrouvées samedi matin à Gênes, dans le nord de l'Italie. Des applaudissements ont aussi retenti quand l'archevêque de Gênes a évoqué les efforts des pompiers et de tous les secouristes. "L'effondrement du pont Morandi a transpercé le cœur de Gênes. La blessure est profonde", a déclaré le cardinal Bagnasco dans son sermon, en précisant avoir reçu vendredi un appel de solidarité du pape François.

Les drapeaux sont en berne. Un deuil national a été décrété toute la journée en Italie : les drapeaux sont en berne et l'éclairage de nombreux monuments, dont le Colisée à Rome, s'éteindra dans la soirée. Pour la reprise du championnat de football ce week-end, les joueurs observeront une minute de silence et porteront un brassard noir. Les matches des deux équipes de Gênes, la Sampdoria et le Genoa, ont en revanche été reportés.

Un cercueil tout blanc pour la plus jeune victime, âgée de 8 ans. Dans un immense hall du parc des expositions transformé en chapelle ardente, 18 cercueils ont été alignés dès vendredi, dont le petit tout blanc de Samuele, 8 ans, la plus jeune victime, fauché avec ses parents alors que la famille partait prendre un ferry pour des vacances en Sardaigne. Veillés par des proches souvent en larmes, les cercueils sont couverts de fleurs, de messages et de photos.

Le président italien Sergio Mattarella, les présidents des deux chambres du Parlement, la plupart des ministres ainsi que des représentants de gouvernements étrangers, mais aussi, selon les médias, les principaux dirigeants d'Autostrade per l'Italia, la société gestionnaire de l'autoroute sont présents lors de la cérémonie. Après la cérémonie, les responsables du gouvernement doivent participer à une réunion à la préfecture sur les mesures nécessaires pour la ville coupée en deux.

Plusieurs familles de victimes ont décidé de boycotter la cérémonie. Les familles d'une partie des victimes ont cependant choisi de ne pas participer à la cérémonie, certaines préférant des funérailles plus intimes et dans leur ville, d'autres annonçant clairement un boycott. Les polémiques qui ont éclaté depuis le drame, notamment le fait que le ministre de l'intérieur et président du parti d'extrême droite la Ligue, Matteo Salvini, fasse la fête le soir même de la catastrophe en Sicile, ont dégoûté certaines familles de victimes.

"Mon fils a été assassiné." "Mon fils a été assassiné", a répété vendredi sur toutes les ondes le père de l'un des quatre jeunes de Torre del Greco, près de Naples, morts sur la route de leurs vacances, en pointant la responsabilité de l'Etat dans le drame.

Les photos des victimes souriantes et leurs destins brisés s'affichaient dans tous les journaux italiens : un ancien champion de moto trial, un médecin et une infirmière qui allaient se marier, des jeunes Français partis faire la fête, trois Chiliens qui s'étaient installés en Italie, un routier napolitain qui rentrait après une livraison en France, un couple de retour de voyage de noces...