Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir au 305e jour de l'invasion russe

Vladimir Poutine
L'Occident cherche à "diviser" la Russie en Ukraine, a fustigé dimanche le président russe Vladimir Poutine © MIKHAIL METZEL / SPUTNIK / AFP
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avec AFP , modifié à
Au 305e jour de l'invasion russe en Ukraine, l'Occident cherche à "diviser" la Russie en terre ukrainienne, a fustigé dimanche le président russe Vladimir Poutine, après plus de dix mois d'offensive militaire du Kremlin chez son voisin.
L'ESSENTIEL

L'Occident cherche à "diviser" la Russie en Ukraine, a fustigé dimanche le président russe Vladimir Poutine, après plus de dix mois d'offensive militaire du Kremlin chez son voisin. "Tout est basé sur la politique de nos adversaires géopolitiques, qui visent à diviser la Russie, la Russie historique", a-t-il dénoncé dans un entretien dont un court extrait a été diffusé à la télévision publique russe. "Diviser pour mieux régner: ils ont toujours essayé de le faire, ils essaient de le faire maintenant, mais notre objectif est tout autre: unir le peuple russe", a-t-il affirmé. 

Le président russe avait déjà justifié à plusieurs reprises l'intervention militaire en Ukraine par le besoin de rassembler Ukrainiens et Russes, qui ne formeraient qu'un seul et même peuple, à ses yeux. Selon Vladimir Poutine, l'armée russe "agit dans la bonne direction" en Ukraine. "Nous protégeons nos intérêts nationaux, les intérêts de nos citoyens, de notre peuple", a-t-il assuré, alors que l'offensive militaire russe dure depuis plus de dix mois en Ukraine.

Les principales informations à retenir : 

  • L'Occident cherche à "diviser" la Russie en Ukraine, a fustigé dimanche le président russe Vladimir Poutine.
  • Vladimir Poutine dénonce la position de Kiev et de ses alliés occidentaux.
  • Le président russe veut éliminer le système de défense antiaérienne Patriot
  • Le pape condamne une "guerre insensée" et appelle à "faire taire les armes".
  • Dans la capitale ukrainienne Kiev, des Orthodoxes fêtaient Noël, aux côtés des Catholiques.

Poutine dénonce la position de Kiev et de ses alliés occidentaux

Vladimir Poutine a une nouvelle fois dénoncé la position de Kiev et de ses alliés occidentaux qui "refusent des pourparlers", lui se réaffirmant "prêt à négocier avec tous les participants à ce processus pour (obtenir) des résultats acceptables". Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté balayé ces derniers mois l'éventualité de discussions avec Moscou en l'état, affirmant ne pas vouloir entamer de pourparlers avec la Russie "tant que Poutine sera président". Il a aussi juré vouloir reprendre les quatre régions ukrainiennes annexées fin septembre par la Russie - Donetsk, Lougansk, Zaporijjia, Kherson -, ainsi que la péninsule de Crimée, annexée en 2014 par Moscou.

 

Le président russe veut éliminer le système de défense Patriot

Cette semaine, Volodymyr Zelensky est reparti de sa visite aux Etats-Unis avec une enveloppe de 45 milliards de dollars d'aide prévue dans le prochain budget fédéral américain, et surtout, avec la livraison prochaine d'un système de défense antiaérienne Patriot, que Kiev réclamait depuis plusieurs semaines. Vladimir Poutine, dans l'extrait de l'entretien diffusé dimanche à la télévision russe, a toutefois juré vouloir éliminer cet équipement du champ de bataille. "Bien sûr, nous allons le détruire, (sûr) à 100%!", a-t-il lancé, trois jours après avoir affirmé que son armée trouverait "un antidote" pour contrer "ce système assez vieux".

Sur le terrain, une série de frappes russes avaient touché samedi le centre-ville de Kherson, ville du Sud de l'Ukraine libérée le 11 novembre après huit mois d'occupation des troupes de Moscou. Le marché central et des rues adjacentes ont été bombardés, faisant au moins 10 morts et 55 blessés à la veille de Noël, un acte de "terreur" selon M. Zelensky. Sur l'ensemble de la journée, la Russie a tiré 41 missiles sur la ville, selon un bulletin matinal de l'armée ukrainienne.

Vladimir Saldo, le chef de l'administration prorusse de Kherson, a, lui, imputé l'attaque à l'armée ukrainienne, fustigeant "une provocation écœurante visant bien sûr à faire accuser les forces armées de la Fédération de Russie".

Kiev fête Noël

Dimanche, dans la capitale ukrainienne Kiev, des Orthodoxes fêtaient Noël, aux côtés des Catholiques, en avance de deux semaines par rapport aux célébrations traditionnelles. "La guerre nous a amené tellement de chagrin", confie à l'AFP dans une église du centre-ville une fidèle, Olga Stanko. "On ne peut pas rester sous l'influence russe", ajoute-t-elle, alors que le conflit militaire s'est déplacé ces dernières semaines sur le terrain religieux.

L'Ukraine, un pays dont la population est en majorité orthodoxe, est en effet divisée entre une Eglise dépendant du Patriarcat de Moscou - qui a annoncé rompre ses liens avec la Russie fin mai du fait de l'offensive russe - et une Eglise indépendante de la tutelle russe. Créée fin 2018, cette dernière a prêté allégeance au Patriarcat œcuménique de Constantinople, qui a son siège à Istanbul.

Selon un sondage Interfax-Ukraine réalisé en novembre, 44% des Ukrainiens disaient approuver l'idée de fêter Noël le 25 décembre plutôt que le 7 janvier, date du Noël orthodoxe. Lors de son traditionnel message de Noël place Saint-Pierre à Rome, le pape François a lui appelé à "faire taire les armes" sur le sol ukrainien. "Que le Seigneur nous rende prêts à des gestes concrets de solidarité pour aider ceux qui souffrent, et qu'il éclaire l'esprit de ceux qui ont le pouvoir de faire taire les armes et de mettre fin immédiatement à cette guerre insensée!", a déclaré le souverain pontife.