UE, migrants : Macron dénonce la "lèpre qui monte" en Europe

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"Je le dis à tous les donneurs de leçons. Allez m'expliquer qu'il faut accueillir tout le monde", a déclaré Macron.
"Je le dis à tous les donneurs de leçons. Allez m'expliquer qu'il faut accueillir tout le monde", a déclaré Macron. © AFP
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À quelques jours d'un sommet européen portant sur la question des migrants, le chef de l'État a dénoncé jeudi la montée des nationalismes en Europe. 

Emmanuel Macron a dénoncé jeudi à Quimper la "lèpre qui monte" en Europe, "le nationalisme qui renaît, la frontière fermée que certains proposent" et ceux qui "trahissent même l'asile", tout en revendiquant de ne pouvoir "accueillir tout le monde".

Dans un discours enflammé, à quelques jours d'un sommet européen crucial sur la gestion des migrants, le chef de l'État s'est aussi emporté contre "les donneurs de leçons" qui "m'expliquent qu'il faut accueillir tout le monde" sans voir "les fractures de la société française".

Le chef de l'État défend une "politique migratoire médiane". Il a défendu sa politique migratoire médiane "dont nous n'avons pas à rougir" (mieux intégrer ceux qui obtiennent l'asile mais expulser systématiquement les autres, ndlr), "un chemin qui est toujours plus difficultueux car personne n'est jamais content, mais plus responsable que celui qui joue avec les peurs". "Je vous demande de ne rien céder, dans ces temps troublés que nous vivons, de votre amour pour l'Europe", a-t-il lancé en Bretagne, territoire très attaché à l'Europe, dans une envolée qui sonnait comme une profession de foi à un an des élections européennes de 2019.

"Nos amis voisins disent le pire et nous nous y habituons". "Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Beaucoup la détestent, mais ils la détestent depuis longtemps et vous les voyez monter, comme une lèpre, un peu partout en Europe, dans des pays où nous pensions que c'était impossible de la voir réapparaître. Et des amis voisins, ils disent le pire et nous nous y habituons", s'est-il indigné. Au lieu de cela, a-t-il déploré, on accuse les pro-européens "de ne l'être pas assez et on oublie de dénoncer ceux qui ne le sont plus du tout", "on s'habitue à tous les extrêmes dans les pays qui depuis des années sont pourtant pro-européens comme nous ! Et sur ce sujet nos élites économiques, politiques, journalistiques ont une responsabilité immense !", s'est-il écrié sous les applaudissements.

"Nous n'avons pas à rougir", estime Macron. "Je le dis à tous les donneurs de leçons. Allez m'expliquer qu'il faut accueillir tout le monde. Mais regardez la société française et ses fractures ! Regardez ce que nous faisons aussi, et nous n'avons pas en rougir".  "Je veux que la France et la cohésion nationale se tiennent, que nos classes moyennes trouvent leur place ! Et en même temps être à la hauteur de notre tradition d'accueil et en particulier de l'asile, ce qui ne veut pas dire tout et n'importe quoi", a-t-il poursuivi. "J'ai besoin de ces terres qui croient dans l'Europe, des Françaises et Français qui croient dans ce projet parce qu'il savent le prix du nationalisme, le coût de la bêtise", a-t-il conclu, répétant son crédo dans une "Europe qui protège".

Macron estime que Trump a pris "la bonne décision"

Emmanuel Macron a estimé jeudi que Donald Trump avait pris "la bonne décision" en décidant de mettre fin aux séparations des familles de migrants arrivées illégalement aux États-Unis. "C'était la bonne décision de revenir en arrière sur cette décision", a déclaré le chef de l'État, interrogé par des journalistes à Quimper sur le revirement de son homologue américain. Donald Trump a annoncé mercredi qu'il mettait fin aux séparations des familles de migrants arrivées illégalement aux États-Unis. Pour Emmanuel Macron, il faut traiter le problème des migrants "en ayant la volonté d'être humain et efficace", car "ce sont des hommes et des femmes dont on parle". "Nous devons le traiter au niveau européen sans aucune naïveté", a ajouté le président, qui doit se rendre dimanche à Bruxelles pour un mini-sommet, destiné à trouver des "solutions européennes" au défi migratoire.