REPORTAGE - À quoi ressemble le dernier bastion de l'État islamique ?

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Les forces de la coalition cernent la ville de Baghouz, où sont retranchés environ 500 terroristes. AFP 2:20
Les forces de la coalition cernent la ville de Baghouz, où sont retranchés environ 500 terroristes. © Fadel SENNA / AFP
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Les forces arabo-kurdes encerclent le bastion djihadiste de Baghouz, à l'est de la Syrie. Plusieurs centaines de combattants aguerris y sont retranchés dans l'attente des derniers combats. Notre envoyé spécial Didier François décrit les lieux. 
REPORTAGE

Ce n'est qu'une question de jours : les forces de la coalition anti-État islamique encerclent le dernier bastion de l'organisation terroriste, dans le village de Baghouz, village syrien situé à quelques kilomètres de la frontière irakienne. Les derniers djihadistes de Daech y sont terrés, alors que quelque 5.000 personnes ont été évacuées de la localité depuis mercredi. C'est aussi là qu'aurait été tué le djihadiste Fabien Clain, qui avaient revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

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Des adversaires redoutables. Baghouz ressemble à une immense plaine parsemée de grosses fermes qui ont toutes été fortifiées par les dijhadistes. Elles forment une ceinture de défense autour du village, une grosse bourgade agricole, en bordure de l'Euphrate.

Dans ce dernier réduit de l'État islamique sont concentrés quelque 500 combattants : beaucoup d'étrangers, dont quelques européens. Des fanatiques plutôt aguerris qui n'ont nulle part où aller, ce qui fait d'eux des adversaires redoutables. 

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Réseau de tranchées. On les voit d'ailleurs assez peu depuis les positions kurdes qui cernent totalement la localité. Parfois, on distingue une moto qui passe rapidement ou une ombre qui se faufile entre deux bâtiments. Dans le ciel, la concentration d'avions et de drones de la coalition anti-terroristes les empêche de rester très longtemps à découvert. En revanche, on devine, à une centaine de mètres, un réseau de tranchées creusées entre les différents postes de combat souvent installés dans les habitations.

Des opérations délicates et épuisantes. Une question subsiste : pourquoi l'ultime offensive tarde-t-elle à être déclenchée ? Il y a encore beaucoup de civils à l'intérieur de la ville, entre 5.000 et 8.000 selon les forces kurdes, retenus comme boucliers humains.

La tactique choisie a été de grignoter le périmètre de défense avec des opérations coup de poing des forces spéciales qui permettent l'évacuation des civils et l'arrestation des djihadistes qui tentent de se faufiler dans le flot des réfugiés. Il faut ensuite nettoyer les zones pour neutraliser les kamikazes et boucher les tunnels afin d'éviter toute contre-attaque. Un travail ardu, dangereux et épuisant, qui finira par toucher à son but.

Europe 1
Par Didier François, à Baghouz, en Syrie, édité par Thibaud Le Meneec