Qui sont les favoris pour le prix Nobel de la paix ?

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Le prestigieux prix Nobel de la paix sera remis vendredi. L’activiste Greta Thunberg figure parmi les prétendants, tout comme le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ou le chef du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) Filippo Grandi.

Qui succédera au gynécologue congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad ? Le prix Nobel de la paix sera décerné vendredi, et les pronostics vont bon train.

Parmi les noms cités pour remporter la prestigieuse distinction : celui de Greta Thunberg, la jeune activiste suédoise devenue une star de la lutte contre le changement climatique. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ou le chef du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) Filippo Grandi figurent également en bonne place chez les experts. Même si tout pronostic relève de la gageure, les noms des 301 candidats n’ayant pas été révélés, Europe 1 fait le tour des postulants.

La favorite des bookmakers (mais pas des experts) : Greta Thunberg

Elle déchaîne les passions… et les haines. Greta Thunberg, la jeune égérie suédoise de la lutte contre le changement climatique, est la favorite des bookmakers, mais les experts sont circonspects. La jeune fille, âgée de 16 ans, tient pourtant la corde sur les sites de paris en ligne avant l'attribution de la plus prestigieuse de toutes les récompenses vendredi à Oslo. Chez Ladbrokes, sa cote est tombée à 1,50.

Fin septembre, elle a marqué les esprits en apostrophant les dirigeants de la planète dans une intervention corrosive à New York : "Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance", a-t-elle lancé, après avoir franchi l'Atlantique sur un voilier. Un réveil des consciences susceptible de lui valoir le Nobel ? "Extrêmement improbable", juge le directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio), Henrik Urdal.

Deux raisons à cela, selon lui : un lien entre changement climatique et conflit armé qui reste à établir scientifiquement et l'âge, encore très "tendre", de la jeune fille, pour qui la récompense pourrait vite se transformer en fardeau. "La seule façon pour que ça se produise serait de partager le prix (avec quelqu'un d'autre, ndlr) comme Malala", l'adolescente pakistanaise primée en 2014, à 17 ans, aux côtés de l'Indien Kailash Satyarthi, précise Henrik Urdal.

Le profil quasi idéal : le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed

Les experts misent davantage sur le Premier ministre éthiopien, l’un de leurs favoris. Abiy Ahmed présente en effet un profil quasi parfait. "Abiy Ahmed serait un bon candidat, son mandat ayant eu des effets pacificateurs dans le pays, moins autoritaire, et dans la région", note le professeur suédois Peter Wallensteen, un spécialiste des questions internationales. Le Premier ministre éthiopien est déterminé à réformer son pays après des décennies de régime autoritaire, mais il est confronté à des vagues de violences ethniques dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, qui abrite plus de 80 ethnies. Il a été notamment salué pour avoir libéré des prisonniers politiques et amélioré la liberté de la presse.

Les autres postulants : le chef indien Raoni, la Première ministre néo-zélandaise…

Le chef indien Raoni, figure emblématique de la lutte contre la déforestation en Amazonie, est également évoqué parmi les prétendants. Il est l’un des trois finalistes sélectionnés pour l'édition 2019 du Prix Sakharov, décerné chaque année par le Parlement européen à des personnes ayant apporté "une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l'homme dans le monde". La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, saluée pour sa gestion de l’attentat de Christchurch (elle s’était vêtue d’un voile en solidarité aux victimes) et engagée dans la lutte contre les contenus haineux sur internet, est aussi citée.

Autres noms qui circulent à un moment où les crises migratoires occupent toujours les devants de la scène : ceux du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et de son chef, Filippo Grandi, ou bien de l'organisation SOS Méditerranée. Le comité pourrait plutôt mettre l'accent sur la liberté de l'information, à l'heure où celle-ci est l'objet d'énormes pressions dans les régimes autoritaires mais aussi dans les démocraties occidentales. Des associations de défense des médias comme Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) sont ainsi évoquées.

Les prétendants moins crédibles : la footballeuse Megan Rapinoe ou… Donald Trump

Les bookmakers ont aussi ouvert les paris sur des prétendants supposés plus ou moins fantaisistes : la star américaine du football Megan Rapinoe côtoie ainsi que… Donald Trump, offert à la cote avec le leader nord-coréen Kim Jong Un. La réponse tombera vendredi à 11H à l'Institut Nobel d'Oslo.