"On a vraiment besoin d’une aide !" : les Américains se tournent vers les banques alimentaires

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Les Américains en situation de précarité se rendent régulièrement dans les banques alimentaires depuis le début de la crise sanitaire. 1:47
Les Américains en situation de précarité se rendent régulièrement dans les banques alimentaires depuis le début de la crise sanitaire. © MARK RALSTON / AFP
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Aux Etats-Unis, des millions d'Américains en situation de précarité attendent une aide financière de l’Etat fédéral, mais celle-ci tarde à arriver. Le Sénat, censé la valider, tergiverse tandis que les bénéficiaires potentiels éprouvent des difficultés à se nourrir. Europe 1 s’est rendu dans l’une des 200 banques alimentaires du pays.
REPORTAGE

Depuis vendredi, les Américains au chômage qui touchaient jusqu'alors une aide de 600 dollars par semaine n’ont plus rien. Les politiques américains n’ont pas su se mettre d’accord sur la prolongation de cette aide pourtant indispensable. Le Sénat devrait reprendre ses travaux en début de semaine.

Pendant ce temps, 30 millions d’Américains déclarent qu’ils ont déjà eu faim dans les semaines passées. Beaucoup d’entre eux dépendent désormais des 200 banques alimentaires du pays, gérées par quelque 60.000 associations caritatives sur le terrain. "On a vraiment besoin d’une aide cette fois-ci, c’est vraiment dur", s’alarme Maria, une mexicaine de 75 ans, se rendant pour la première fois de sa vie dans une banque alimentaire.

Des enfants qui ne mangent pas à leur faim

Les responsables quant à eux s’inquiètent du nombre de demandeurs, en hausse de 80% dans certains Etats depuis le début de la crise sanitaire. "Avant, nous servions environ 200 personnes par semaine, nous en sommes (actuellement) à plus de 15.000."

La situation des enfants est particulièrement préoccupante. Ils avaient l’habitude de manger dans les écoles, mais celles-ci sont aujourd'hui fermées : "On a des enfants qui ne mangent pas à leur faim chez eux", déplore une responsable. "Ils sont normalement nourris dans les écoles avec le petit déjeuner, le déjeuner, un goûter et puis souvent le dîner. Cinq jours sur sept.". Au-delà de la pandémie qui ne décroît pas, les autorités sanitaires s’inquiètent de ses conséquences sociales. Un chiffre en particulier crée l’émoi : on estime qu’entre 8 et 10.000 Américains pourraient attenter à leurs jours, en plus des 47.000 suicides annuels.

Europe 1
Par Benoit Clair, édité par Antoine Cuny-Le Callet