L'attentat en Nouvelle-Zélande visait en fait la Turquie, déclare Erdogan

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Le président turc a fait de l'attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande un argument de campagne électorale.
Le président turc a fait de l'attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande un argument de campagne électorale. © AFP PHOTO / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS OFFICE
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Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé lundi que l'attentat commis contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande visait en réalité Ankara. Des propos condamnés par le Premier ministre australien et le vice-Premier ministre néo-zélandais.

L'attentat commis par un extrémiste de droite contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande fait partie d'une "opération" plus large qui vise la Turquie, a estimé lundi son président Recep Tayyip Erdogan. Des propos jugé mercredi "irréfléchis", "ignobles" et "offensants" par le Premier ministre australien Scott Morrison.

"Ils sont en train de nous tester", selon Erdogan. "Ce n'est pas un acte isolé, c'est quelque chose d'organisé", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours à Canakkale, dans l'ouest de la Turquie. "Ils sont en train de nous tester avec le message qu'ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16.500 kilomètres d'ici".

Un argument de campagne pour Erdogan. La Turquie a vivement condamné le massacre perpétré vendredi dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, par un suprémaciste blanc qui a fait 50 morts, y voyant le signe d'une "hausse de l'islamophobie". Dans le même temps, le président Erdogan, qui cherche à exalter sa base nationaliste et religieuse à moins de deux semaines d'élections locales qui s'annoncent serrées, a fait de cette attaque le thème central de ses meetings quotidiens.

Pendant le week-end, il a même projeté sur écran géant des extraits de la vidéo filmée par l'assaillant lors de plusieurs meetings, suscitant de nombreuses critiques au moment où les réseaux sociaux et plateformes de partage s'efforcent d'en limiter la diffusion.

Une référence à une bataille perdue pendant la Première Guerre mondiale par les Australiens. Le président turc avait en particulier lancé que les Australiens qui seraient hostiles à l'islam subiraient le même sort que les soldats australiens tués par les forces ottomanes lors de la bataille de Gallipoli, pendant la Première Guerre mondiale. Dans une référence à la présence pendant ce conflit de contingents australiens et néo-zélandais engagés contre les forces ottomanes, il avait lancé : "Il y a un siècle, vos aïeuls sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons".

Des propos jugés "offensants" et "ignobles" par le Premier ministre australien. Scott Morrison a exigé le retrait des propos de Recep Tayyip Erdogan et a averti que "toutes les options sont sur la table" en ce qui concerne les relations entre l'Australie et la Turquie. "Des propos ont été tenus par le président turc Erdogan que je considère extrêmement offensants pour les Australiens et extrêmement irréfléchis dans l'environnement très sensible dans lequel nous sommes", a dit le Premier ministre. Il a notamment qualifié d'"ignobles" des commentaires faits par le président turc sur les réactions de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande après l'attentat.

Des "excuses" rejetées. Scott Morrison a fait sa déclaration après avoir convoqué l'ambassadeur de Turquie et avoir rejeté les "excuses" qui avaient été présentées. "J'attends, et j'ai demandé, que ces propos soient clarifiés, soient retirés", a déclaré le chef du gouvernement australien.

Le vice-Premier ministre néo-zélandais également en colère. Les déclarations de Recep Tayyip Erdogan ont également suscité la colère de la Nouvelle-Zélande. Dès lundi, le vice-Premier ministre néo-zélandais Winston Peters a protesté contre l'utilisation politique par le président turc du massacre de Christchurch. Cette utilisation est "totalement injuste" et "menace l'avenir et la sécurité du peuple néo-zélandais et de nos citoyens à l'étranger", a-t-il déclaré.