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Tiffany Fillon , modifié à
Alors que le président Emmanuel Macron s'est rendu jeudi à Beyrouth, dévastée par la double explosion de mardi soir, le député PS Boris Vallaud a affirmé ce même jour sur Europe 1 que la France devait faire preuve d’exigence vis-à-vis du gouvernement libanais, qui n'a pour l'instant pas réformé le pays. 
INTERVIEW

En déplacement à Beyrouth, au Liban, après la catastrophe survenue mardi soir dans la capitale, le président Emmanuel Macron a appelé les responsables politiques libanais à engager des réformes pour sortir le Liban de la crise. Invité ce même jour sur Europe 1, Boris Vallaud, député PS et vice-président du groupe d'amitié franco-libanais à l'Assemblée nationale, a adopté une ligne similaire à celle du président, sans pour autant lui apporter un soutien clair. "Il faut être exigeant avec le gouvernement libanais, même à certains égards, dur", a ainsi assuré Boris Vallaud. 

Indiquant que "l'exaspération de la rue libanaise est à son comble", Boris Vallaud a rappelé que le Liban a été secoué par de violentes manifestations à partir d'octobre 2019. Pendant des semaines, des Libanais avaient en effet défilé dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol face aux politiques accusés de corruption et d'incompétence. Aujourd'hui, le bilan humain provoqué par la double explosion a par ailleurs ravivé la colère des Libanais. 

"Un régime corrompu"

Boris Vallaud s'est ainsi adressé aux Libanais : "Vous avez dit dans les rues depuis des mois, ce que vous vouliez que votre avenir politique soit. Vous n'en pouvez plus d'un régime corrompu, de vivre aussi mal". Le député PS, né au Liban, a cité notamment "la livre libanaise qui ne vaut plus rien, un système confessionnel qui étouffe". 

Face à la crise politique, sociale, économique et financière du pays, Emmanuel Macron a, de son côté, souhaité "un dialogue de vérité" avec les autorités et a rappelé que la France porte "l'exigence (...) depuis des mois pour ne pas dire des années de réformes indispensables" dans "certains secteurs", comme "l'énergie, les marchés publics, la lutte contre la corruption". "Si ces réformes ne sont pas faites, le Liban continuera de s'enfoncer", a mis en garde Emmanuel Macron.

Mais au sein de la classe politique française, cette vision ne fait pas l'unanimité. Ces propos ont notamment fait grincer des dents Julien Bayou, secrétaire national d'EELV, sur Twitter : "Fin du protectorat français du Liban, 1941. Indépendance, 1944. La solidarité avec le #Liban doit être inconditionnelle".

Même réaction du côté de Jean-Luc Mélenchon. "Je mets en garde contre une ingérence dans la vie politique du Liban. Elle ne sera pas acceptée. Le Liban n'est pas un protectorat français", a écrit le chef de file de La France insoumise sur Twitter.