Guerre en Ukraine : le smartphone, «un outil de combat»

Lviv Ukraine frappes avril 2022
Le smartphone est sur le champ de bataille ukrainien une véritable arme de guerre. (Illustration) © GIAN MARCO BENEDETTO / ANADOLU AGENCY / ANADOLU AGENCY VIA AFP
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William Molinié, édité par Solène Leroux
Si elles ne sont pas en Ukraine, les armées françaises suivent de très près les manœuvres russes et ukrainiennes. Après presque 80 jours de l'invasion russe en Ukraine, quels enseignements en tirer ? La France a notamment observé que sur le champ de bataille ukrainien, le smartphone est une véritable arme de guerre.
DÉCRYPTAGE

Les armées françaises, bien qu'elles ne soient pas sur le terrain, suivent de très près les manœuvres russes et ukrainiennes. Elles en tirent des enseignements stratégiques et opérationnels pour se perfectionner et être en mesure de faire face, elles aussi, un jour peut-être, à un conflit de cette nature. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le smartphone, un outil d'apparence anodine, est sur le champ de bataille ukrainien une véritable arme de guerre. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les Russes détruisent quasi systématiquement les téléphones des Ukrainiens quand ils progressent sur le terrain.

C'est devenu un outil pour détecter les positions. Si bien que n'importe quel civil peut devenir un danger, y compris pour l'armée de son propre camp. L'armée ukrainienne les encourage d'ailleurs à poster les photos de l'envahisseur sur Diia, une application qui permettait à l'origine de stocker des documents officiels comme des permis de conduire ou des cartes d'identité.

Un soldat aguerri et autonome

"C'est une grande leçon de cette guerre", explique à Europe 1 un haut gradé. "La technologie est partout et le smartphone est devenu un outil de combat." Alors que paradoxalement, il ne fait pas partie de l'équipement du militaire français. Et pourquoi pas, imagine-t-on dans les armées, en faire dans les prochaines années la base de la dotation du soldat du rang ?

Au même titre que le fusil d'assaut, le casque ou le gilet pare-balle. "Évidemment, il faudra le sécuriser sur un réseau autonome", nuance cette source militaire. Il pourrait être utilisé sur le terrain pour faire de la lutte informationnelle, prendre en photo des cibles, faire de la télémédecine d'urgence pour les blessés ou encore investir le champ cyber.

Car pour envahir un pays, il ne suffit plus d'avoir de la masse ou une puissance de feu. Il faut aussi un soldat aguerri et suffisamment autonome pour prendre la main, par exemple sur le réseau de caméras de vidéosurveillance de la ville conquise.