En Suisse, des funérailles en montagne pour un glacier disparu

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Une couronne de fleurs doit être déposée dimanche au pied du glacier.
Une couronne de fleurs doit être déposée dimanche au pied du glacier. © HANDOUT / ETH Zurich / Matthias Huss / AFP
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La masse du Pizol, situé à 2.700 mètres d'altitude, près des frontières du Liechtenstein et de l'Autriche, s’est tellement réduite sous l'effet du réchauffement climatique qu'il ne peut plus être scientifiquement considéré comme un glacier.

Comme en Islande il y a quelques semaines, des Suisses vont commémorer dimanche lors d'une longue "marche funèbre" en montagne la disparition d'un des glaciers alpins les plus étudiés, le Pizol, évaporé sous l'effet du réchauffement climatique. Cette cérémonie intervient alors que le sommet spécial de l'ONU sur le climat réunira lundi à New York plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement, qui sont appelés à renforcer leurs engagements pour limiter le réchauffement du globe à 1,5°C ou 2°C, par rapport à la période préindustrielle, au 19e siècle.

En Suisse, le Pizol "a tellement perdu de sa substance que, d'un point de vue scientifique, il n'est plus du tout un glacier", a expliqué Alessandra Degiacomi, de l'Association suisse pour la Protection du Climat, une des ONG à l'origine des funérailles. La centaine de participants attendus ont été priés de venir en "vêtements de deuil" pour une "marche funèbre" de deux heures qui doit leur permettre de rejoindre le pied de cet ancien glacier escarpé, situé aux alentours de 2.700 mètres d'altitude, près du Liechtenstein et de l'Autriche.

Oraison et air de cor

Des discours seront ensuite prononcés, notamment par des scientifiques et un aumônier, sur fond de musique de cor des Alpes, un instrument traditionnel à vent, en bois. Une couronne sera déposée mais aucune plaque commémorative ne sera en revanche laissée sur place, contrairement à ce qu'ont fait les Islandais le 18 août, à la mémoire de l'Okjökull, premier glacier de l'île à avoir perdu son statut. Mais en Suisse comme en Islande, deux pays connus pour leurs glaciers, l'inquiétude des scientifiques est la même face aux réchauffement climatique.