Coronavirus : après un échec des discussions de l'Eurogroupe, Paris accuse les Pays-Bas

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Bruno Le Maire a participé mercredi à une réunion de l'Eurogroupe. 1:30
Bruno Le Maire a participé mercredi à une réunion de l'Eurogroupe. © THOMAS SAMSON / AFP
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La France a fustigé mercredi l'attitude des Pays-Bas, qui s'oppose à l'activation du Mécanisme européen de stabilité pour répondre économiquement à la crise du coronavirus. 

La France a mis en cause mercredi les Pays-Bas dans l'échec d'une réunion des États membres de l'UE et jugé "impensable" qu'un accord ne puisse pas être trouvé jeudi pour une réponse économique commune et "ambitieuse" à la crise du coronavirus.

 

L'Élysée a indiqué attendre une inflexion de la position des Pays-Bas, le "seul pays" à s'être opposé à l'activation du Mécanisme européen de stabilité (MES) au cours d'une réunion marathon des États membres de l'UE à Bruxelles qui s'est achevée mercredi à l'aube par un échec.

Un blocage "incompréhensible"

Ce blocage est "contreproductif, incompréhensible et ne peut pas durer", a souligné la présidence. Car "l'urgence de la situation commande la mobilisation du MES", a-t-elle ajouté. "Notre responsabilité collective désormais est d'aboutir à un accord dans les 24 heures. Un échec est impensable", a affirmé de son côté le ministre de l'Économie Bruno Le Maire à l'issue du Conseil des ministres. "Nous mettrons (...) tout notre poids dans cette bataille pour parvenir à un accord", a-t-il ajouté.

 

Une nouvelle réunion de l'Eurogroupe jeudi

Mario Centeno, le président de l'Eurogroupe, l'instance qui réunit les ministres des Finances de la zone euro, a convoqué une nouvelle jeudi à partir de 17 heures. Les ministres proposent que le MES, créé en 2012 lors de la crise de la dette de la zone euro et financé par les États membres, puisse prêter de l'argent à un État en difficulté jusqu'à concurrence de 2% de son PIB, soit jusqu'à 240 milliards d'euros pour l'ensemble de la zone euro.

 

 

L'option est rejetée par l'Italie, pays européen le plus touché par l'épidémie (plus de 17.127 morts), et par l'Espagne, tant que ces prêts s'accompagnent de conditions comme des demandes de réformes, ce qu'exige La Haye. Par solidarité, l'Allemagne est elle-même prête à assouplir les conditions demandées, mais les Pays-Bas restent pour l'instant inflexibles. Au début de la crise du coronavirus, le ministre hollandais des Finances avait déjà provoqué la colère du Portugal et de l'Espagne, en demandant une enquête de la Commission européenne sur l'état de leurs finances. 

Pour l'Élysée, les 27 doivent prendre en "en compte la perception de l'UE par les opinions" et le fait que "le degré de confiance envers l'Europe est en train de s'effondrer, notamment en Italie".