pêcheurs Brexit 1:20
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Nicolas Feldmann, édité par Manon Bernard
C’est l’un des désaccords majeurs lors de ce Brexit. La pêche divise de nouveau la France et le Royaume-Uni, alors même que le Parlement européen doit approuver mardi l’accord commercial conclu avec Londres. Les Britanniques empêchent les pêcheurs français de venir dans leurs eaux et ces derniers sont de plus en plus désemparés. 

Le Parlement européen doit approuver mardi après-midi l'accord commercial conclu avec Londres. Ultime étape d'une séparation douloureuse, bien qu’il reste un point de tension essentiel : la pêche. Le bras de fer engagé entre les pêcheurs français et le Royaume-Uni s’intensifie. Paris a même suggéré quelques mesures de rétorsion.

Des licences retenues par les Britanniques

Les pêcheurs français attendent toujours les licences délivrées par le Royaume-Uni. Ces documents précieux leurs permettent d'accéder aux eaux plus poissonneuses du côté britannique de la Manche. Plus de quatre mois après la fin des négociations sur le Brexit à Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, seuls 22 bateaux sur 120 ont obtenu la licence. "Les Anglais mettent des critères bloquants, tout simplement pour éviter d'en distribuer. Il faut notamment prouver de manière électronique que les bateaux étaient dans les eaux britanniques entre 2012 et 2016", décrit Olivier Leprêtre, le président du Comité régional des pêches.

"Il n'y a plus un poisson"

Pour Olivier Leprêtre c’est "un véritable problème". Tous les bateaux qui ne peuvent pas accéder à cette zone d’une vingtaine de kilomètres où les poissons sont rois pêchent désormais dans les eaux françaises. Résultat : "il n'y a plus un poisson", soupire le président du Comité régional des pêches.

La France menace donc le Royaume-Uni de mesures de rétorsion, notamment sur les services financiers. Outre ces possibles sanctions, l'État se montre présent aux côtés des pêcheurs. La ministre de la Mer, Annick Girardin, était lundi en déplacement dans le Boulonnais pour annoncer le déblocage d'une enveloppe de 100 millions d'euros à destination de la filière.