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Dix ans du référendum du «Brexit» : d'autres pays souhaitent-ils quitter eux-aussi l'Union européenne ?

Dix ans du référendum du Brexit : d'autres pays souhaitent-ils quitter eux-aussi l'Union européenne ? [© lessio Morgese / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Il y a dix ans jour pour jour, 51,89% Britanniques votaient pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Dans le sillage de cette décision, le débat d'une sortie du projet européen était au cœur de l'actualité dans plusieurs pays, dont la France. Une décennie plus tard, où en sommes-nous désormais ? 

"WE'RE OUT!", "Nous sommes sortis" en français. C'est avec cette expression que le Daily Mail annonce les résultats du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le vendredi 24 juin 2016, avec une photo de Nigel Farage célébrant la nouvelle, lui qui militait pour cela depuis plus de deux décennies. 

Dans le reste de l'Europe, les médias parlent d'un "choc", d'un "saut dans l'inconnu", quand d'autres s'interrogent sur l'avenir du projet européen avec la possibilité d'un effet domino après ce Brexit. Car au milieu des années 2010, dans plusieurs grandes puissances européennes, le débat sur une sortie de l'UE était posé par certains partis politiques. 

Vers un effet domino qui emporterait l'Union ? 

En 2016, l'idée d'un "Frexit", donc d'une sortie de la France de l'Union, était portée par le Front national, qui deviendra plus tard le Rassemblement national. Après le Brexit, la candidate à l'élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen voulait organiser un référendum sur la sortie de la France à l'UE. Le "Frexit" était également porté par François Asselineau lors de cette présidentielle. Il allait même plus loin avec une sortie de la France de l'OTAN. 

La situation italienne inquiète les observateurs à l'époque. Le pays sort affaibli de la crise financière de 2008 avec une croissance en berne, un taux de chômage élevé et le secteur bancaire était fragilisé. Une situation qui voit s'élever des mouvements de contestation du système européen. Le Mouvement 5 Étoiles prône une sortie de l'Euro. La Ligue, de Matteo Salvini, dénonçait la monnaie unique et la puissance de Bruxelles. L'expression "Italexit" apparaît alors dans les médias. 

Aux Pays-Bas, au lendemain du vote des Britanniques, le député Geert Wilders, du Parti pour la liberté (PVV) a réclamé la tenue d'un référendum dans le pays. C'est le point de départ du "Nexit" : "Nous voulons être en charge de notre propre pays", disait-il. À ce moment, le scepticisme à l'égard de l'Union européenne est fort dans le pays. Geert Wilders évoque même un sondage où une majorité des Néerlandais était en faveur d'une sortie de l'UE. 

En 2016, l'idée de la sortie de l'Allemagne de l'Union européenne est quasiment inexistante dans le pays. Les pays nordiques se montrent critiques envers certaines mesures de Bruxelles, tout comme la Hongrie de Viktor Orban qui attaquait régulièrement le fonctionnement de l'UE. 

Des critiques mais plus d'envie de quitter l'UE

Dix ans après, la situation a bien évolué dans ces pays. Le bilan contrasté du Brexit a été scruté et analysé par les différents partis qui prônaient la sortie de l'Union européenne. Désormais, ce projet politique a été mis de côté. 

Au sein même du Royaume-Uni, une forme de regret est même apparue dans la sphère publique. Dans une récente étude, 57% des Britanniques estiment qu'ils ont eu tort de voter pour quitter l'UE, selon les données de YouGov

Aujourd'hui, aussi bien en France avec le Rassemblement national qu'aux Pays-Bas avec le PVV de Geert Wilders, en passant par l'Italie de Giorgia Meloni, les débats se sont recentrés sur les préoccupations directes des populations : la sécurité, le contrôle de l'immigration et le pouvoir d'achat. 

Toutefois, ces derniers se montrent toujours aussi critiques sur la bureaucratie et les règles imposées par Bruxelles. Mais désormais, ils souhaitent réformer l'Union européenne plutôt que de la quitter. "Tout changer sans rien détruire", comme l'a déclaré Jordan Bardella qui a annoncé qu'il irait négocier avec la Commission européenne pour réduire la contribution nette de la France, jugée "excessive".