Chirurgien accusé de pédophilie : "On lui a fait confiance, c'était un médecin..."

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"C'était un médecin donc on lui confie un enfant malade sans aucun soupçon", témoigne le grand-père d'une victime (photo d'illustration).
"C'était un médecin donc on lui confie un enfant malade sans aucun soupçon", témoigne le grand-père d'une victime (photo d'illustration). © JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Alors que la liste des victimes du chirurgien pédophile Joël Le Scouarnec ne cesse de s'allonger, le grand-père d'une victime s'exprimait samedi dans la matinale d'Europe 1. "On a été reçu par ce fameux personnage", souffle-t-il avec colère. 
TÉMOIGNAGE

"Il avait 10 ans et malheureusement, depuis, il est détruit". Ces mots, ce sont ceux d'un grand-père qui a confié son petit-fils à Joël Le Scouarnec, le chirurgien pédophile suspecté de viols et agressions sexuelles sur environ 350 patients mineurs, selon le dernier bilan dévoilé vendredi par la procureure de Lorient, Laureline Peyrefitte.

Le grand-père de la victime détaille : "Avec son père on a décidé d’emmener mon petit-fils tout de suite à l’hôpital car il n’était vraiment pas bien. On a été reçu par ce fameux personnage. Il l’a examiné, ça a duré un moment, et il nous a finalement dit qu’il ne pensait pas que c’était l’appendicite mais qu’il le gardait en observation pour la nuit. Lorsque mon fils a demandé s’il devait rester, il a répondu que ce n’était pas nécessaire."

"Confirmation de ses flashs"

À ce moment-là, les deux hommes confient respectivement leur fils et petit-fils. "On lui a fait confiance", explique le grand-père, "c'était un médecin donc on lui confie un enfant malade sans aucun soupçon." L'enfant ne sort pas indemne de cette nuit "d'observation" mais ne parvient pas à "extérioriser". Jusqu'à ce que les gendarmes le contactent. Il a alors eu "confirmation de ses flashs", confie le grand-père.

"Parmi ces faits, certains sont prescrits", a déclaré la procureure de Lorient, où ce dossier qualifié de "hors normes" est instruit, précisant que "229 personnes ont été entendues dont 197 ont déposé plainte". Le médecin a scrupuleusement consigné plusieurs centaines de ses crimes sur papier. Il a énuméré les noms de 246 victimes dans deux petits carnets : un pour les filles, un pour les garçons. Des noms accompagnés d'un récit de ce qu'il leur a fait subir.

Europe 1
Par Mario Dubreuil, édité par Maxime Dewilder