Remaniement : "Il fallait exfiltrer François de Rugy de l'Assemblée"

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L'édito politique est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
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Chaque matin, Michaël Darmon évoque un sujet précis de la vie politique.

François de Rugy est devenu ministre de la Transition écologique. Il quitte donc le perchoir, la présidence de l’Assemblée nationale et descend dans l’arène de la bataille pour l’écologie. Mais en fait, c’est un remaniement qui en cache un autre.

Avec cette question subsidiaire : de Rugy est-il promu ou puni ? C’est un ministre important qui le confiait mardi : "Il n’y aura pas grand monde à l’Assemblée pour regretter François de Rugy". Il était à peine nommé depuis une heure et, déjà, il était habillé façon puzzle. Mais au delà de cette "gentillesse", il y a bien une réalité politique : il fallait exfiltrer un de Rugy peu populaire au Palais Bourbon.

À ce stade le vrai remaniement est celui de la direction de majorité. Pourquoi ? Parce que disons les choses comme elles sont : Emmanuel Macron a été très agacé par la gestion de l’affaires Benalla à l’Assemblée nationale. L’Elysee considère que le président de Rugy n’a pu empêcher la suspension des travaux législatifs. Au groupe, Richard Ferrand n’a pu empêcher des voix contestataires au moment du texte asile immigration. 

Donc Emmanuel Macron opère un mouvement vers le haut : Richard Ferrand au perchoir et un chef à poigne pour diriger les Marcheurs. Les temps à venir s’annoncent difficiles et il va falloir serrer les rangs. Reste tout de même une condition : il faudra que Richard Ferrand soit élu par les députés. Or, il y a d’autres candidats et, là aussi, certains députés vont vouloir en profiter pour dire ce qu’ils ont sur le cœur au patron de leur groupe.

 

Jusqu’où peuvent aller ces réorganisations en poupées russes ?

On connaît le principe : un remaniement peut en cacher un autre. Des réflexions existent depuis plusieurs mois autour du fonctionnement de La République en Marche qui, aux yeux de l'Elysee, n’est justement pas encore en ordre de marche. Quant à l’Elysee, le remaniement est en route, nous l'avons déjà déjà évoqué ici même.

Une information Europe 1 : le 15 septembre, une réorganisation au sein du cabinet présidentiel sera effective. Avec pour objectif de retrouver la baraka des origines. Emmanuel Macron a eu 15 mois sans nuages. Il a aussi prouvé sa capacité à revenir du fond des sondages. Cette fois, le défi est plus élevé : tourner la page de cette rentrée et écrire une nouvelle relation avec les Français, qui  lui opposent  leur "en même temps". À la fois intéressés et impatients.