Voiture électrique : l’Europe décroche

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque jour, Axel de Tarlé fait un point sur l'économie.

Et si la voiture électrique était le fossoyeur de l'industrie automobile européenne ?
BMW voit ses comptes basculer dans le rouge à cause de l'électrique et Peugeot-Citroën a bien du mal à trouver les ingénieurs en électricité.

Deux informations qui se télescopent et qui montrent que l'industrie automobile européenne (qui domine au niveau mondial) doit sérieusement s'inquiéter.
Pour la Première fois depuis 10 ans, BMW a annoncé des pertes de plus de 300 millions d'euros au premier trimestre. Le constructeur allemand accuse les coûts pharamineux liés à cette transition qui demande des investissements en recherche et développement, mais aussi la réorganisation des usines qui devront fabriquer des moteurs électriques et non plus des moteurs thermiques.

De même un article des Échos, ce mardi, montrait que Peugeot-Citroën a dû très vite trouver des compétences, des ingénieurs dans cette filière électrique. N'en trouvant pas, PSA a brisé un accord tacite en allant chercher ces compétences chez Renault. Jusqu'à présent, il y avait une sorte d'accord tacite pour ne pas se débaucher des cadres chez l'un et l'autre.

Renault-Nissan est le leader mondial de la voiture électrique, il n'y a aucune raison que les constructeurs européens ne réussissent pas cette transition ?

La grande difficulté c'est qu'aujourd'hui ce qui fait la force des constructeurs européens, c'est leur expertise inégalée dans le moteur technique avec notamment la puissance des chevaux ou la faible consommation de carburant.
Toute cette expertise, acquise en un siècle, on peut la jeter à la poubelle.
Aujourd'hui, le moteur est électrique et ça n'est plus un enjeu. Un moteur électrique comprend six fois moins.
C'est un élément standard, facile à fabriquer et qui ne s'abime pas car il n'y a pas de vibration.
Dans la voiture électrique, ce n'est pas le moteur qui fait la différence, c'est la chimie et la maîtrise des batteries. Or, ces compétences sont asiatiques et plus particulièrement chinoises.
L'Europe essaye bien de réagir avec cet Airbus des batteries mais on part bien après.

On voit bien le risque avec l'électrique. Nos constructeurs ne sont plus que de simples assembleurs, sans plus-value. Demain, les technologies et l'innovation viendront donc d'Asie et notamment de Chine. C'est inquiétant !