Électrique, hybride, hydrogène : à quoi roulera la voiture de demain ?

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :
Le développement de la voiture à électrique poursuit sa route progressivement. Mais plus que les batteries, l'avenir semble appartenir aux piles à combustibles, qui fonctionnent avec de l'hydrogène.
LE DÉBAT

À quoi roulera la voiture de demain ? Si la fin de la voiture à essence, et a fortiori au diesel, est d'ores et déjà programmée, les alternatives viables peinent encore à émerger. Il y a l'électrique, bien sûr, mais les technologies actuelles ne sont pas totalement satisfaisantes. "La voiture électrique est une solution au réchauffement climatique et à la pollution de l'air, à partir du moment où le mix électrique est peu carboné", souligne à ce titre Yannick Duport, directeur de la mobilité électrique chez EDF, invité du Grand journal du soir spécial de Matthieu Belliard, jeudi, en direct d'une voiture autonome sur le circuit des 24 heures du Mans.

Le défi : produire une électricité propre et pas chère

Alors que le secteur du transport émet 30% des gaz à effet de serre au niveau européen, il devient urgent de faire de l'électrique une solution crédible pour les automobilistes. Or, subsiste toujours le problème des bornes de recharge, trop peu nombreuses en France. "Il faut tenir compte des besoins des clients. 80% de la recharge électrique se fera au domicile ou dans le parking habituel de l’automobiliste", avance Philippe Montantème, directeur stratégie marketing et recherche de Total. Le fournisseur d'énergie va installer, dans ses stations essence, 1.000 bornes à très haute puissance (recharge suffisante en 20 à 25 minutes, ndlr), soit une tous les 150 kilomètres.

Deuxième problème de l'électrique : le prix. Actuellement, recharger sa voiture est souvent perçu, parfois à tort, comme un geste coûteux. "Les voitures électriques, ce n’est pas tant un problème de consommation que de puissance. Nous avons suffisamment de moyens de production. Il suffit simplement de positionner la recharge du véhicule au bon moment dans la journée, quand les centrales électriques sont moins sous tension", explique Yannick Duport, d'EDF. "Le tarif de l’électricité est compétitif, il n’y a pas de raison que ça change. Si on charge dans des heures creuses, la nuit, on pourra bénéficier de tarifs intéressants", abonde Philippe Montantème.

L'avenir appartient à l'hydrogène

L'avenir de l'électrique passe aussi par la définition de sa source d'énergie. "Il y a un débat sur la voiture électrique : est-ce qu’elle sera à batterie, avec toutes les questions que ça pose pour le recyclage, ou est-ce qu’elle utilisera une pile à combustible, qui fonctionne avec de l’hydrogène. Dans ce cas, il faut alors le produire de façon propre", précise Pierre Fillon, président de l’Automobile club de l’ouest. "Si on fabrique l’hydrogène avec du pétrole ou des centrales à charbon, l’hydrogène est émetteur de gaz à effet de serre." 

"Nous pensons que la pile à combustible (et donc l'hydrogène) est complémentaire au développement du véhicule électrique" avec batterie, pointe pour sa part Yannick Duport, directeur de la mobilité électrique chez EDF. Mais, avec seulement trois ou quatre stations de recharge pour véhicules à hydrogène, la France est en retard. "On a une vingtaine de stations à hydrogène en Allemagne. On manque plus de voitures que de stations là-bas en fait", assure Philippe Montantème, de Total. Mais à long terme, selon ces experts, l'hydrogène qui alimente les piles à combustible pourrait tout de même bien être la meilleure solution pour rendre les voitures le moins polluantes possibles, puisqu'elles ne rejettent que de la vapeur d'eau.

Dans l'attente de clarifications sur la production de l'électricité, selon Pierre Fillon, dans l'immédiat, "l’hybride a encore de beaux jours devant lui". Tous ces "carburants" alternatifs vont continuer de se développer dans les années à venir. Toutefois, il ne faut pas s'attendre à un bouleversement du jour au lendemain. "Le moteur thermique n’est pas bon pour la casse. Il y a aura sans doute encore 70% de véhicules qui rouleront avec un moteur thermique en 2040", estime Philippe Montantème. Mais l'après-essence se prépare dès aujourd'hui.