Le gouvernement n’a pas renoncé à s’attaquer aux pensions de reversions

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

La pension de "reversion" est-elle menacée ? Il s'agit de la retraite que touchent plus de quatre millions de veufs et de veuves en France.

C’est un sujet ultra-sensible en plein mouvement des "gilets jaunes" et pourtant, effectivement, la grande réforme des retraites prévoit de durcir les règles.
De quoi parle-t-on ? Dans un couple, quand l'un meurt, l'autre récupère la moitié de sa retraite en gros. Neuf fois sur 10, ce sont des femmes (des veuves) qui continuent de toucher la moitié de la retraite de leur défunt mari.
C'est ce système qui est aujourd'hui remis en cause et ce n'est pas une idée en l'air.
La Suède a d’ailleurs déjà supprimé la pension de reversion, expliquant qu'il fallait encourager le travail des femmes et que ce système les incitait à rester à la maison.
L'OCDE vient de publier un rapport qui va dans le même sens, expliquant que ce système était finalement injuste car cela revient à faire payer par la retraite des gens mariés aux célibataires.

Et donc on pourrait aussi supprimer la pension de reversion en France ? Ce serait la révolution !

Non, Jean Paul Delevoy propose simplement de plafonner cette pension de reversion.
Le principe est simple : une veuve touchera la moitié maximum de ce que touchait le couple avant. Par exemple, si la femme gagne 1.000 euros et l'homme 2.000 euros. Le plafond sera de 1.500 euros, alors qu'avec le système actuel, une veuve touche 2.000 euros.
Cela permettrait de faire des économies mais vu le climat actuel, ça parait très compliqué pour le gouvernement de s'attaquer aux veufs et aux veuves qui touchent en moyenne 642 euros par mois selon les statistiques.