La Chine ne veut plus être "l’atelier" mais le "laboratoire" du monde

, modifié à
  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
Partagez sur :

Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

La Chine n’est plus "l’atelier du monde", elle ambitionne désormais de devenir leader dans l’innovation.

Selon les chiffres publiés ce lundi, l’industrie patine en Chine. Les profits reculent, ils ont connu leur plus forte baisse depuis quatre ans pour le mois d’avril. Les ventes de voitures chutent de 15%.
On commence à voir des grands industriels s’en aller. Comme le taiwanais Foxconn qui fabrique les iPhones, Foxconn a averti qu'il allait progressivement quitter la Chine pour s'installer en Inde.

C'est l'effet "Donald Trump" ? Les Américains ont réussi à torpiller l'industrie chinoise ?

Non, c'est simplement que la période de rattrapage industrielle est maintenant terminée et l'industrie chinoise plafonne avec une main d'œuvre devenue trop chère.
Si Foxconn délocalise en Inde, c'est parce que la main d'oeuvre y est trois fois moins chère.

Mais cette évolution convient parfaitement à la Chine qui, pour des questions environnementales et de pollutions, ne veut plus être "l'atelier du monde". En fait, la Chine veut maintenant être le "laboratoire du monde". Elle veut passer d'une économie industrielle à une économie de l'innovation et de la connaissance et c'est ça qui inquiète Donald Trump.
La Chine veut détronner l'Amérique comme le pays de l'innovation, d'où les rêves de conquêtes spatiales sur la Lune ou sur Mars. Dans les télécoms, c'est fait ! Huawei est le numéro un mondial des équipements télécoms et de la 5G, cette technologie cruciale qui va rebattre les cartes dans le monde internet.
Même en terme d'applications, TikTok (une application chinoise de vidéos) est très en vogue partout dans le monde chez les ados. Ça y est, terminé Snapchat ou Instagram, nos enfants naviguent sur des applications chinoises.

Que peut faire l'Amérique pour conserver son leadership ?

Pour l'instant, pour contenir cette progression chinoise, Donald Trump a durci le ton notamment en matière de transfert de technologie. Il est persuadé que la Chine a profité pendant des décennies de la naïveté des Occidentaux qui ont accordé trop facilement des transferts de technologie.
Par exemple, le TGV Chinois est la copie conforme du TGV allemand. Les Européens ont apporté toutes leurs technologies sur un plateau.
Mais côté chinois, on s'estime persécuté. On estime que l'Amérique (les Occidentaux) refusent de laisser la Chine retrouver sa place de leader mondiale qui lui revient légitimement.
Voilà la dynamique de cette bataille commerciale et technologique qui oppose Pékin et Washington.