Chômage et retraite : le gouvernement pourra-t-il mener à bien ses deux grandes réformes ?

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Le monde bouge est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1 - Le 6h - 9h
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

Les résultats de ces élections européennes auront-ils un impact économique ?

À L'Élysée, on y voit un feu vert à la poursuite des réformes, on dit même vouloir les "intensifier".
Deux réformes essentielles sont prévues, celle des retraites et celle de l’assurance chômage.

Quel est l'objectif de ces deux réformes ? Qu'est-ce qui va changer ?

L’objectif est simple puisque c'est le même pour les deux réformes, nous inciter à travailler plus.
Pour les retraites, la France est le pays de l'OCDE où le temps passé à la retraite est le plus long (27 ans pour les femmes et 23 ans pour les hommes). L'âge légal restera à 62 ans mais le gouvernement peut nous faire travailler plus longtemps avec un système de bonus-malus en imposant un malus dit "décote" si on part avant 64 ans.
Idem pour l'assurance chômage, le gouvernement veut inciter les chômeurs à travailler plus en revoyant le système de cumul emploi-chômage qui fait qu'une personne qui alterne CDD et période de chômage peut parfois gagner plus qu'une personne en CDI. L’objectif est bien de durcir les conditions pour qu'il y ait moins de gens inscrits à Pole Emploi et donc moins de gens à indemniser.

L'objectif final, c'est bien que l'on tire moins sur notre système d'assurance chômage et notre système de retraite.

L'enjeu c'est de faire des économies et de faire baisser la dépense publique en diminuant le poids des retraites et le poids de l’indemnisation chômage, deux postes de dépenses particulièrement élevés en France. Par exemple, les dépenses de retraites représentent 14% du PIB en France contre 10% en moyenne chez nos voisins européens.
C'est aujourd'hui l'un des angles morts de la politique d'Emmanuel Macron à qui l'on reproche de ne pas faire baisser la dépense publique. Il a même officiellement abandonné la suppression des 120.000 postes de fonctionnaires. Sa réponse est "Si ! On peut baisser la dépense publique en baissant la dépense sociale !". Le fameux "pognon de dingue" c’est la retraite et le chômage.

On sera très vite fixé car la réforme des retraites doit être annoncée d'ici "la fin de l'été" et celle de l'assurance chômage est pour le mois prochain.