"J'ai cru à une vanne" : Kévin a été discriminé à l'embauche chez OCS

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Kévin Pereira a reçu par erreur un mail du recruteur destiné à ses collègues, dans lequel il se moque du candidat. 1:19
Kévin Pereira a reçu par erreur un mail du recruteur destiné à ses collègues, dans lequel il se moque du candidat. © Capture d'écran Twitter
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Kévin Pereira a reçu par erreur une réponse méprisante d'un recruteur d'OCS, destinée initialement à ses collègues. Un cas flagrant de discrimination à l'embauche qui met en colère ce jeune homme. Il raconte à Europe 1 cet épisode qu'il aurait préféré de ne pas vivre.
TÉMOIGNAGE

"Un autre Kevin portugais, en plus apparemment il est en prison" : ce n'est pas la réponse que Kévin Pereira attendait à sa candidature chez OCS mais c'est celle qu'il a reçue. Mercredi, il a postulé pour un stage au sein de la plateforme de streaming. Dans la foulée, au lieu d'une réponse traditionnelle, il reçoit par erreur un mail du recruteur destiné à ses collègues, un message de très mauvais goût moquant son prénom, son origine portugaise et son lieu de résidence, Fleury-Mérogis, ville connue pour sa prison. La mésaventure du jeune homme de 23 ans a fait grand bruit sur les réseaux sociaux et l'histoire, exemple flagrant de discrimination à l'embauche, ne va pas s'arrêter là.

"J'ai un master 2 'Digital, médias et cinéma' de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, je viens de terminer un premier stage de fin d'étude et j'en cherchais un autre. J'ai envoyé ma candidature pour un stage d'assistant éditorial avec mon CV et ma lettre de recommandation", raconte Kévin Pereira à Europe 1. Il est 12h06 quand il envoie son mail et… 12h07 quand la réponse arrive. Forcément, le jeune homme s'étonne. "Ça m’a tout de suite mis en colère en fait. Je n’ai pas compris, au début j’ai cru à une vanne, une blague, je ne comprenais vraiment pas."

OCS présente ses excuses, une éventuelle sanction à l'étude

Une fois qu'il saisit les implications du message, Kévin sent la colère monter en lui. "C'est grave d'être jugé comme ça ! Je ne sais même pas s’il a regardé mon CV. Il a vu mon adresse, mon nom… J’ai fait une lettre de motivation longue d’une page. C’est sûr qu’il ne l’a pas lue", dénonce-t-il. "C'est la première fois que ça m'arrive, je n'avais jamais ressenti ça avant. Ça m’arrive parce que j’ai des origines portugaises, bon d’accord. Mais qu’est-ce que ça doit être pour d’autres étudiants d’origine maghrébine, par exemple ? Ce genre de comportement, c’est vraiment inadmissible en entreprise."

Sous le coup de l'émotion, Kévin a posté sur Twitter une capture d'écran de l'échange de mail, "pour faire réagir OCS". Contactée par Europe 1, la plateforme de streaming évoque un "comportement individuel qui ne reflète pas les valeurs de l’entreprise". La direction, qui a présenté ses excuses à Kévin par la voix de la Directrice des ressources humaines, a demandé au salarié incriminé d’en faire autant. Un rendez-vous entre le recruteur et le candidat doit être organisé à cet effet. Quant à une éventuelle sanction, OCS précise "étudier les voix disciplinaires appropriées". Kévin, lui, a reçu de nombreux messages de soutien, dont un, dit-il, du porte-parole du gouvernement.