Remontées mécaniques fermées pour Noël : la grogne monte dans les stations de ski

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Ski 1:40
Les remontées mécaniques ne pourront rouvrir qu'en janvier, d'après les dernières annonces d'Emmanuel Macron. © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
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Le Premier ministre a annoncé, jeudi, détaillant la prise de parole d'Emmanuel Macron mardi soir, que les stations de ski seraient ouvertes à Noël mais que les remontées mécaniques resteraient fermées. Une énorme frustration pour les exploitants interrogés par Europe 1, et une perte financière certaine.

Depuis samedi, il est possible de retourner faire ses courses dans les commerces et sortir 3 heures et à 20 km de chez soi. Comme un vent de libération a soufflé dans les villes, mais pas en montagne : les stations de ski peuvent rouvrir, mais pas les remontées mécaniques ! Elles ne redémarreront qu’en janvier, d’après les dernières annonces du président de la République, mardi. Des annonces qui laissent les élus locaux et les professionnels du secteur bien amers.

"Extrêmement frustrant"

"C’est quelque chose qui est extrêmement frustrant et qui nous touche un peu", s'émeut Fabrice Boutet, exploitant aux Deux Alpes, une station qui avait rouvert sans encombre à la Toussaint, mais où aujourd'hui les remontées mécaniques restent désespérément statiques. "Toute l’organisation des queues a été réalisée, les télécabines ont été sécurisées. Tout un travail a été fait, ce qui nous a permis de tester nos protocoles. On est prêts !" assure le gérant.

Pertes financières importantes

Prêts, comme à Avoriaz : les saisonniers déjà engagés, les stocks des commerçants déjà faits, mais 90% des réservations pour Noël annulées ou reportées, car les télésièges attirent plus les vacanciers que les descentes de luge. "Il est évident que des structures comme des hôtels qui ont des charges fixes très importantes se retrouvent dans l’impossibilité d’ouvrir", ne peut que constater le directeur de la station, Sébastien Mérignargues. "Il va y avoir des conséquences au niveau humain et en termes d’emploi."

Il y a environ 25 à 30 millions de pertes sèches pour chacune de ces deux stations. C'est trop, surtout quand Jean-Luc Boch, maire de La Plagne Tarentaise et président de l’Association nationale des maires des stations de montage, voit ses voisins espagnol et suisse skier. "Vous avez des stations françaises qui sont à 5-10 km d’Andorre. Vous trouvez ça juste vous ? Moi pas du tout !" Jean-Luc Boch demande au gouvernement d’attendre le 15 décembre pour véritablement statuer, après avoir contrôlé le taux d’occupation des hôpitaux de vallée.

Europe 1
Par Marion Gauthier, édité par Séverine Mermilliod