"On s'arrangera" : quand les agents immobiliers contournent l'interdiction des visites

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Le gouvernement a interdit les visites de biens immobiliers pendant le confinement. 1:26
Le gouvernement a interdit les visites de biens immobiliers pendant le confinement. © OLIVIER MORIN / AFP
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Pour convaincre de potentiels acheteurs qui peinent à se satisfaire de photos ou d'une vidéo, certains agents immobiliers n'hésitent pas à organiser des visites d'appartements ou de maisons, pourtant interdites pendant le confinement. Sur ce point, le secteur espère un assouplissement prochain des restrictions.
REPORTAGE

Parmi les secteurs qui espèrent un assouplissement prochain des mesures de confinement figure l'immobilier. Car si nous sommes autorisés à nous rendre chez le notaire ou à la banque pour demander un prêt, les visites de biens sont interdites pendant le confinement. Cette règle est peu comprise par la profession, qui fait pression sur le gouvernement pour en obtenir la suppression. Mais certaines agences n’ont pas attendu pour contournée la mesure, comme a pu le constater Europe 1, en se glissant dans la peau d’un potentiel acheteur à Paris.

Obtenir une visite d'appartement

"Bonjour, je vous appelle concernant l'annonce pour l'appartement métro Blanche..." Après avoir appelé une agence et demandé quelques informations sur un appartement en vente, nous posons la question fatidique : "Est-il possible de le visiter ?" L’interlocutrice laisse échapper un rire gêné, et finit par accepter sans grande difficulté.

"Je vais faire des vidéos, vous les envoyer. Et si ça correspond à ce que vous cherchez, à ce moment-là on s'arrangera", explique-t-elle. "Donc concrètement on pourra avoir une visite ?" "Oui, pour que vous puissiez vous balader dans l'appartement."

Les limites d'une visite virtuelles

Si certains agents immobiliers en arrivent là, c'est qu'ils savent pertinemment que les visites virtuelles ne suffisent pas. "Au-delà du coup de cœur qui est primordial en immobilier, quand on cherche un bien à la vente ou à la location, on a besoin de pousser les portes, d'ouvrir les fenêtres, de visiter le quartier, de constater la luminosité et le niveau sonore du logement, ce que ne permet pas aujourd'hui la visite virtuelle", nous explique Yann Jéhanno, le président du réseau LaForêt, qui précise ne pas approuver la pratique de certains de ses confrères.

Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Mardi, au micro d’Europe Soir, le ministre des PME, Alain Griset, a promis un renforcement des contrôles. Et donc de sanctions potentielles.

Europe 1
Par Elise Denjean, édité par Romain David