Noel magasin jouets 3:54
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Carole Ferry et François Coulon, édité par Romain David
Après un mois de fermeture, les commerçants peuvent se féliciter d'avoir réalisé, pour la majeure partie d'entre eux, un excellent mois de décembre en dépit d'un protocole sanitaire renforcé. Mais la hausse des ventes ces dernières semaines ne suffira pas à rattraper une années 2020 marquée par deux confinements.
ENQUÊTE

Fermés en novembre à cause de la crise du Covid-19, les commerçants ont eu très peur de passer à côté de Noël cette année. Ils ont finalement pu rouvrir le 28 novembre avec un protocole sanitaire renforcé. Mais cela a-t-il suffit à sauver cette fin d'année ? Pour l'heure, les premiers retours annoncent un mois de décembre bien meilleur que celui de l’année dernière, qui avait été largement touché par les grèves dans les transports. Néanmoins, cela ne suffira pas aux commerçants pour rattraper le chiffre d'affaires de 2020. Mais ce qui rentre dans les caisses ce mois-ci devrait permettre à beaucoup d’entre eux de respirer.

S'il y a eu un frémissement dès le premier week-end de réouverture, le 28 novembre, c'est surtout le week-end suivant, celui du Black Friday, que les ventes se sont envolées, avec une progression à deux chiffres par exemple chez Promod et Sephora, qui a cartonné avec ses parfums et ses mascaras. L'enseigne de cosmétiques n'a d'ailleurs jamais autant vendu de calendriers de l’Avent que cette année. Tous les commerçants interrogés par Europe 1 disent sentir chez les clients ce besoin de se faire plaisir.

Un très bon taux de transformation

Et pourtant, la fréquentation globale des magasins est en baisse, de 15% par exemple dans les centres commerciaux. Mais ceux qui se déplacent, achètent plus. C'est le constat que fait notamment l'Alliance du commerce, qui représente quasiment toutes les grandes chaînes de magasins de l'habillement. Selon son président, Yohan Petiot, la fréquentation est en baisse de 11% mais le chiffre d'affaires en hausse de 30%, "ce qui veut dire que nous avons un meilleur taux de transformation. Les clients viennent en magasin parce qu'ils savent ce qu'ils veulent acheter. Nous sommes sur un shopping efficace, mais nous n'avons pas encore retrouvé le commerce lèche-vitrine, ce shopping plaisir".

Les petits commerces indépendants connaissent aussi le même phénomène. Avec un bémol toutefois pour les magasins des centres-villes qui ont subi les manifestations, parfois mouvementées, contre le projet de loi "sécurité globale". À Bordeaux par exemple, la fréquentation a chuté de 60%, selon l'association La Ronde des Quartiers. À Lyon, l'activité a été catastrophique sur toute la presqu'île. En revanche, dans les quartiers ou les villes épargnés, le chiffre d'affaires est bien en hausse. Ainsi, Isabelle Gaucher, qui tient la boutique Mlle à Nantes, va pouvoir boucler son exercice positivement. "Ce qui nous sauve, c'est la fidélité de nos clients qui nous soutiennent. Il y a un bel engouement. Ça fait chaud au cœur !", se réjouit-elle auprès d'Europe 1.

Au magasin de bijoux le Byblos, dans le fameux passage Pommeraye, c'est la bousculade avec 100 à 150 clients par jour. "Quand on m'a dit de fermer au mois de novembre, j'étais désespérée, mais nous avons réussi à sauver Noel", assure la patronne Nathalie Brucker. "Au niveau des chiffres, nous faisons la même chose que l'année dernière. Pour nous, c'est exceptionnel vu les circonstances. La tendance est générale à Nantes, où les commerçants ont bon espoir de réaliser en un mois ce qu'ils avaient cumulé en novembre-décembre de l'année dernière.

Les secteurs portés par la reprise

Sans surprise, le grand gagnant de cette période de fin d'année est le secteur de l'enfant :  vêtements, chaussures, livres, et bien sûr les magasins de jouets. Mais là encore, ce ne sera pas forcément suffisant pour sauver l'année selon Philippe Gueydon, le président de la Fédération des magasins de jouets : "Ce mois de décembre sera dans le positif, c'est une bonne nouvelle [...], avec une augmentation des ventes de 10% mais qui ne compensera pas la fermeture de novembre."

Par ailleurs, les ventes de livres se sont envolées, comme l'a confirmé au micro d'Europe 1 mardi le président du Furet du Nord/Decitre. Les chocolatiers font également un excellent mois de décembre, mais qui ne compensera pas le désastre de Pâques. Enfin, le commerce en ligne affiche de superbes résultats, avec, par exemple, une augmentation des ventes de 30% chez Cdiscount par rapport à l'an dernier.