Les patrons vent debout contre de nouvelles hausses d'impôts menacent de se mobiliser
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu poursuit ses consultations en vue d'un budget 2026, les patrons et le Medef déclarent être prêts à se mobiliser contre une hausse des impôts des entreprises, déjà lourdement taxées. Ils appellent à un allègement des dépenses avant de reconsidérer les impôts, qui pourraient pousser des entreprises à la faillite.
Le Premier ministre poursuit ses consultations : il a reçu mardi 16 septembre les syndicats. Il continue de discuter avec les socialistes, avec qui un souhaite une "discussion moderne et franche" pour pouvoir construire un budget pour 2026. L'idée d'une augmentation des impôts des entreprises serait-elle en train de faire son chemin ?
"Ces entreprises ne seront plus là demain"
"Inacceptable", a déjà répondu ce week-end Patrick Martin, le président du Medef qui a même évoqué une "possible mobilisation" des patrons. Des patrons qui sont en effet vent debout contre toute nouvelle taxe, dans un contexte économique déjà difficile.
Augmenter encore la fiscalité des entreprises, une ligne rouge absolue pour les patrons lyonnais : "Les entreprises françaises sont déjà beaucoup taxées", estime Sylvie Guinard, présidente de l'entreprise Thimonnier, spécialisée dans les machines fabricant des emballages souples et qui exporte beaucoup vers l'étranger.
"On a beau essayer de se battre, on a beau essayer de gravir des montagnes, le faire avec un sac à dos rempli de cailloux, c'est déjà pas facile. Alors si en plus on pouvait éviter de nous mettre en plus des boulets au sac à dos, ce serait quand même appréciable !", a-t-il confié au micro d'Europe 1.
"Aujourd'hui, on a un taux de taxation sur nos entreprises qui ne nous rendent plus compétitives face à concurrents étrangers. Donc si toute notre rentabilité part dans des prélèvements et dans des taxes, alors je tire la sonnette d'alarme : ces entreprises, demain, ne seront plus là", a-t-il déploré.
"Il n'y a que l'Etat qui se permet de ne pas équilibrer les budgets"
Que l'Etat montre l'exemple plutôt que de "lorgner encore vers les sociétés", s'est indigné Philippe Maraval, patron de l'imprimeur Vassel Graphique.
"On équilibre d'abord un budget par l'allègement des dépenses plutôt que d'aller chercher dans la poche des autres. Il n'y a que l'Etat aujourd'hui qui se permet de ne pas équilibrer des budgets, et pousse des déficits pour les générations futures. Les entreprises n'en peuvent plus des taxes. C'est un ras le bol complet", a déclaré Philippe Maraval.
Des patrons qui sont désormais prêts à se mobiliser pour se faire entendre. Non pas en manifestant, car aucun d'entre eux ne souhaite amplifier le chaos actuel, mais pourquoi pas avec un grand meeting. Le dernier remonte à 1982, lorsque les patrons s'étaient opposés à la politique économique de François Mitterrand.