Les banques aggravent la crise climatique : "C'est totalement faux", dénonce Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale

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Un rapport de deux ONG accuse les banques françaises d'aggraver la crise climatique. Avec leurs investissements dans des entreprises polluantes, elles contribuent fortement aux émissions de gaz à effet de serre. 
INTERVIEW

Les banques françaises épinglées mercredi par un rapport des ONG Oxfam et les Amis de la Terre. Cette étude, portée par Cécile Duflot, directrice-générale d'Oxfam, dénonce la contribution des banques françaises aux émissions de gaz à effet de serre. A cause de leurs investissements dans des entreprises polluantes, elles aggravent la crise climatique. Parmi les banques visées, la Société Générale. Son soutien, par exemple, à l'entreprise RWE, producteur d’énergie allemand, entreprise détentrice de centrales à charbon, est pointé du doigt. Frédéric Oudéa, président directeur-général de la Société Générale, répond aux accusations sur Europe 1. 

"C'est totalement faux", dénonce Frédéric Oudéa. "Ces sujets graves, qui nous concernent comme chef d'entreprise, comme banquier, comme parent, méritent un débat sérieux et des méthodes sérieuses." "Nous sommes des grandes banques, qui finançons des économies, française, européennes, mondiales. Aujourd'hui, il est vrai que ces économies reposent sur des énergies fossiles comme le pétrole, le gaz ou le charbon", explique le PDG. "Ce qui est fondamental c'est la transition vers d'autres énergies, d'autres équilibres. Les banques françaises sont les premières du monde à le faire."

"Parmi les dix premières banques dans le financement du renouvelable, quatre sont des banques françaises. Nous sommes les plus engagés pour accompagner les économies, nos entreprises, les particuliers dans cette transition énergétique", ajoute Frédéric Oudéa. 

Arrêt du financement de tout nouveau projet lié au charbon

Le rapport précise que sur 10 euros investis par les banques françaises, 7 euros vont aux énergies fossiles, 2 euros pour les énergies renouvelables et le reste pour le nucléaire et les barrages. Cette part serait encore en augmentation.
"Nous finançons les EDF allemand, africain, américain et aujourd'hui l'électricité est encore largement produite à partir de gaz ou de charbon. Mais nous accompagnons cette transition", justifie le PDG. "Le financement des banques françaises au renouvelable, c'est 40 milliards d'euros, une progression de 40% en deux ans. Nous avons tous pris des engagements, et nous allons tous prendre des engagements pour sortir définitivement du charbon."

Frédéric Oudéa a précisé que la Société Générale avait arrêté le financement de tout nouveau projet lié au charbon : mines et centrales. Mais continuera d'aider les entreprises existantes. "Celles qui financent leur électricité avec le charbon, en Allemagne, en Afrique ou aux Etats-Unis, on ne va pas leur dire 'les gars, terminé !'", explique le PDG. En revanche, dans chacun des pays, il affirme demander aux entreprises de montrer comment elles comptent produire leur électricité dans les années à venir, avec plus de renouvelable et moins de charbon.

Le rapport pointe la nécessité de sortir des investissements en direction des entreprises polluantes. "On arrête de financer Air France ? On arrête de financer Renault ?", s'interroge Frédéric Oudéa. "Ou est-ce qu’on les accompagne à financer des avions ou des véhicules électriques ? Il faut être réaliste. Les emplois d'aujourd'hui, on les détruit ? "