Le vin français taxé à 25% aux Etats-Unis : "Cela veut dire une baisse des ventes…"

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Même si elles ne les touchent qu'à la marge, les taxes sur le vin ou le fromage français, annoncées par les Etats-Unis jeudi, ont été ressenties comme un coup de grâce par les producteurs.
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Olives, anoraks, biscuits ou encore fromages... De nombreux produits européens importés aux Etats-Unis vont être frappés par des droits de douane supplémentaires : +10 à 25% à partir du 18 octobre prochain. C’est le résultat d'une vieille querelle entre Bruxelles et Washington sur les subventions versées à Airbus. Côté français, ce sont d'abord les vins qui seront impactés, avec une surtaxe de 25%. De quoi inquiéter les professionnels du secteur. Europe 1 est allée à leur rencontre.

C'est en effet aux Etats-Unis qu'on exporte le plus nos vins français. Alors forcément, ces sanctions américaines ne seront pas sans conséquences. Et pas besoin d'attendre leur entrée en vigueur pour en constater les dégâts. Louis-Fabrice Latour, patron de la maison Louis Latour : “Mon distributeur new yorkais m’a appelé en me disant ‘mauvaise nouvelle, j’ai déjà un de vos principaux clients de Beaujolais nouveau qui nous a annulé… On a perdu 2.000 caisses, ce n’est pas rien !”

Entendu sur europe1 :
"On va passer des barrières psychologiques pour certains consommateurs"

+30% : c'est la hausse des prix de vente prévue par la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France.  Et selon son président, Antoine Leccia... Ce sont les vins d'entrée et de moyenne gamme qui vont en pâtir : "On va passer des barrières psychologiques pour certains consommateurs. Donc cela veut dire baisse des ventes… Sur des vins de 15 à 25 dollars, cela pourrait aller jusqu’à 50%. Une partie des  vins, comme les vins de cépage, sont des vins assez faciles à substituer. Au lieu d’acheter des vins de cépage français, on achètera des vins de cépage chilien ou australien".

De quoi réjouir la concurrence. L'Italie, notamment, dont les vins ne sont pas concernés par cette surtaxe américaine. Pour rivaliser, les producteurs et exportateurs français vont donc devoir baisser leurs marges. Une situation qui ne pourra pas durer très longtemps, selon les professionnels du secteur.

Europe 1
Par Elise Denjean, édité par B.B