Le ministre du Logement prudent sur la fiscalité de l'immobilier

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Julien Denormandie, ministre du Logement, n'est pas favorable à la taxation des plus-values immobilières.
Julien Denormandie, ministre du Logement, n'est pas favorable à la taxation des plus-values immobilières. © Eric FEFERBERG / AFP
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Julien Denormandie a notamment rejeté l'idée de taxer les plus-values sur les résidences principales. Une piste pourtant évoquée précédemment par Bercy.

Le ministre du Logement, Julien Denormandie, s'est voulu prudent mardi sur la fiscalité immobilière, se montrant soucieux de stabilité et rejetant notamment de taxer les plus-values sur les résidences principales alors que Bercy avait évoqué cette "piste" pour réduire les niches fiscales. "L'immobilier, c'est un secteur qui est essentiel, (où) il y a énormément d'activité", a déclaré Julien Denormandie sur la radio RMC. "Je soutiens fortement l'immobilier, je soutiens fortement les propriétaires. J'essaie de protéger avec beaucoup de détermination également les locataires." 

Les plus-values exonérées sur la résidence principale. La situation de certains propriétaires avait été visée par le président de la République, Emmanuel Macron, lors d'un débat public fin janvier. Il avait qualifié d'"injustice" le fait que certaines plus-values ne soient "pas taxées" quand un bien a gagné de la valeur parallèlement à la mise en place d'infrastructures, citant l'arrivée du TGV à Bordeaux. Les plus-values sont exonérées d'impôt lorsque c'est une résidence principale qui est revendue. Par la suite, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a déclaré que leur taxation était une "piste de travail" mais que celle-ci n'était envisageable que pour les plus grosses opérations. 

"L'urgence n'est pas là". "Je n'y suis pas favorable", a déclaré Julien Denormandie, interrogé sur le sujet. Au moment où son collègue des Comptes publics, Gérald Darmanin, marque sa volonté de réduire les niches pour les Français les plus riches, il a également estimé qu'il fallait toucher "le moins possible" aux différents avantages fiscaux concernant l'immobilier. "L'urgence n'est pas du tout là, l'urgence, elle est de faire en sorte de donner de la visibilité aux acteurs", a déclaré Julien Denormandie. "Quand vous êtes un promoteur, un opérateur, vous ne savez jamais d'année après année à quelle sauce vous allez être mangé l'année suivante. Il faut une stabilité."

Mesures controversées. Lors de la première année du quinquennat d'Emmanuel Macron, le gouvernement a néanmoins réduit le périmètre géographique l'une des principales réductions d'impôt liée au logement, l'avantage dit Pinel. Le secteur du bâtiment tient cette mesure pour partiellement responsable du déclin de la construction de logements en 2018. "J'ai pris un autre engagement: une fois que je l'ai fait, je n'y touche plus", a assuré mardi Julien Denormandie, qui a par ailleurs créé un avantage fiscal, destiné à encourager la rénovation de logements dans certaines zones.