Contrôle des chômeurs : un "durcissement inutile" selon FO, "injuste" selon la CFDT

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 Un décret publié dimanche au "Journal officiel" revoit les sanctions contre les demandeurs d'emploi qui manqueraient à leurs obligations.
Un décret publié dimanche au "Journal officiel" revoit les sanctions contre les demandeurs d'emploi qui manqueraient à leurs obligations. © LOIC VENANCE / AFP
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Un décret publié dimanche prévoit le durcissement des sanctions contre les demandeurs d'emploi ayant manqué à leurs obligations. 

Le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, a fustigé jeudi le "durcissement inutile" des sanctions prévues contre les chômeurs manquant à leurs obligations, dénonçant un "danger" et un risque de "précarisation" des demandeurs d'emploi, la numéro deux de la CFDT, Marylise Léon, évoquant des mesures "injustes".

"J'y vois d'abord un durcissement de sanctions inutile parce que cela touche une très faible catégorie de personnes", a déclaré sur RTL le numéro un de FO, interrogé sur le décret controversé publié le 30 décembre.

"On est en train de transformer Pôle emploi en agence de contrôle". Le nombre de chômeurs indemnisés qui ne se rend pas régulièrement à un rendez-vous, c'est moins de 4%", a-t-il fait valoir, ajoutant que "60% des chômeurs indemnisés ne vont pas au terme de leur indemnisation parce qu'ils ont retrouvé un emploi". "On est en train de transformer Pôle emploi en agence de contrôle de l'attitude des chômeurs plutôt qu'en agence d'accompagnement pour la recherche d'un emploi", s'est-il indigné.

Il s'est inquiété du "danger" d'"une politique du chiffre", dénonçant la suppression pure et simple de l'allocation prévue dès le premier manquement à une obligation (excepté pour le cas d'un rendez-vous manqué) au lieu de sa suspension. Autre "danger", la redéfinition de ce qu'est une "offre raisonnable d'emploi", laissée à l'appréciation des conseillers de Pôle emploi.

"Le risque là-dedans, c'est qu'on précarise finalement un certain nombre de salariés au chômage en leur imposant, au risque de perdre leur indemnisation, de devoir reprendre un emploi à des conditions salariales bien moindres" que dans leur précédent travail, a expliqué le leader de FO.

Les entreprises doivent "prendre leur part de responsabilité", selon la CFDT. La numéro deux de la CFDT, Marylise Léon, a elle aussi protesté dans un communiqué, jugeant "injuste" le "durcissement de certaines sanctions (...) dans un contexte de suspicion vis-à-vis des demandeurs d'emploi, qui profiteraient de règles d'assurance chômage trop généreuses". "La lutte contre le chômage doit d'abord passer par des propositions d'offres d'emploi de qualité. Les entreprises doivent donc prendre leur part de responsabilité en améliorant les conditions de travail et d'emploi", a-t-elle ajouté.