Les pêcheurs bretons dénoncent les importations réalisées par la grande distribution

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Les pêcheurs bretons dénoncent les importations de poissons à bas coût réalisées par les grandes surfaces. (photo d'illustration) 1:37
Les pêcheurs bretons dénoncent les importations de poissons à bas coût réalisées par les grandes surfaces. (photo d'illustration) © MARCEL MOCHET / AFP
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Alors que les pêcheurs font face aux conséquences économique de la crise du coronavirus, des grandes surfaces continuent de réaliser des importations massives, qui mettent en péril la filière bretonne. "L'opportunité financière et l'appât du gain prévalent sur l'intérêt général", dénonce au micro d'Europe 1 le président du Comité des pêches de Bretagne, qui a annoncé saisir le ministère de l'Agriculture. 

Les pêcheurs bretons survivront-ils au confinement ? Alors que pour aider les agriculteurs et les producteurs français fortement impactés par la crise du coronavirus, il est encouragé de consommer local, certaines enseignes de la grande distribution ne jouent pas le jeu au rayon "marin", dénoncent de nombreux pêcheurs. Ces enseignes importent du poisson venu d'Espagne et d'autres pays d'Europe. "Une concurrence déloyale", s'insurge le Comité des pêches de Bretagne, et qui a pour conséquence un effondrement du cours du poisson, selon Olivier Le Nézet, président du Comité. 

Des importations depuis l'Espagne et l'Europe du Nord

Tous les ports bretons sont concernés et tous les poissons, dont la lotte, très présente sur les étals. En général, les pêcheurs bretons en ramènent 15.000 tonnes par an. Mais depuis le début du confinement, les bateaux ne sortent plus : cela ne serait pas rentable. Car, dans le même temps, les importations réalisées par certaines enseignes depuis les pays d'Europe où les salaires sont plus bas et les conditions de travail différentes sont maintenues.

"Les grandes surfaces se font de l'argent sur la misère des gens"

"À qui profite le crime ?", s'interroge Olivier Le Nézet, président du Comité des pêches de Bretagne. "L'opportunité financière et l'appât du gain prévalent sur l'intérêt général", dénonce-t-il, prenant l'exemple très concret de la lotte. "Aujourd'hui, une lotte achetée 1,40 euro (par une enseigne, ndlr) sera revendue le même prix que celle pêchée par un navire breton. C'est inadmissible !", s'insurge Olivier Le Nézet sur Europe 1. 

"Les grandes surfaces se font de l'argent sur la misère des gens", résume-t-il. Selon un communiqué de Breizhmer (association des acteurs des produits de la pêche et de l'aquaculture de Bretagne) publié lundi, "certaines enseignes de grandes surfaces ont cédé aux vieux démons du profit alors qu’elles continuent d’afficher leur soutien aux producteurs français".

Le Comité des pêches de Bretagne, face à cette situation qui met en péril toute une filière, a d'ores et déjà prévu d'alerter le ministère de l'Agriculture et de l'alimentation pour réclamer des contrôles stricts sur la provenance des poissons vendus.

Europe 1
Par Charles Guyard, édité par Ariel Guez