Yann Queffélec : "La famille est le vivier de tous les sentiments, les plus beaux et les plus toxiques"

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Dans "Culture médias" sur Europe 1, le romancier Yann Queffélec évoque son nouveau livre, "Demain est une autre nuit". Un ouvrage dans lequel il raconte les retrouvailles avec son frère, après 39 ans d'éloignement et de silence.
INTERVIEW

Yann Queffélec et son frère Tanguy ne se sont pas vus pendant 39 ans. C'est un texto ("On va m’opérer, c'est grave, viens me voir") qui va tout changer et conduire l'aîné - Yann Queffélec - à venir au chevet de son frère. Le nouveau livre du romancier, Demain est une autre nuit, raconte ces retrouvailles, le temps d'une nuit. Un vrai récit sur une histoire familiale. Pour l'écrivain, la famille est d'ailleurs "le vivier de toutes les sentiments les plus beaux, les plus purs et les plus toxiques", comme il l'explique dans Culture médias sur Europe 1.

"Je deviens un personnage, à la longue"

"Dans un récit, vous vous souvenez de quelque chose qui a eu lieu, dans un roman vous allez vers quelque chose dont vous ignorez absolument tout", explique Yann Queffélec. Lui a choisi le récit, agrémenté de quelques fantaisies fictionnelles. "J'ai inventé le personnage d'une infirmière", confie-t-il ainsi. Avec Demain est une autre nuit, l'écrivain se raconte et dévoile une partie intime de lui-même et de sa famille. "Je m'intéresse à ma personne, non pas par délire mégalomane, mais parce que je deviens un personnage, à la longue", indique le lauréat du prix Goncourt 1985 pour Les Noces barbares.

"On n'était pas vraiment fâché, ni brouillé"

Au micro d'Europe 1, Yann Queffélec revient sur cet éloignement de 39 ans. Alors qu'ils étaient respectivement âgés de 18 et 15 ans et rêvaient à un tour du monde en voilier à deux, Yann Queffélec est tombé amoureux d'une femme. "J'ai alors cessé d'aller vers les projets qui nous liaient mon frère et moi", raconte l'écrivain. "On n'était pas vraiment fâchés, ni brouillés, on ne se disait tout simplement pas ce qu'on a sur le cœur", décrit-il.

Europe 1
Par Guillaume Perrodeau