Pourquoi accélère-t-on en "deux temps trois mouvements" ?

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Chaque jour Stéphane Bern s’intéresse à une expression que nous utilisons tous les jours mais dont nous n’en connaissons pas les origines dans l’émission "Historiquement Vôtre" sur Europe 1. Vendredi, il s’intéresse à l’expression "en deux trois mouvements", signifiant finir quelque chose rapidement.

En deux temps trois mouvements, et hop c’est terminé ! Quand il faut se dépêcher, on fait régulièrement ce qui nous reste à faire en deux temps trois mouvements. Pas plus, pas moins. Mais d’où vient cette expression ? Stéphane Bern remonte le temps vendredi dans sa chronique Le mot de la fin dans l'émission Historiquement Vôtre sur Europe 1 pour vous expliquer ses origines.

"Cette expression est née avec ces générations bénies qui ont eu la chance de servir sous le drapeau. Elles savent marcher au pas, aimer la patrie et porter convenablement un béret. Mais surtout : elles savent présenter un fusil lors d’une revue. Il faut d’abord garder le fusil à ses pieds, puis le ramener au niveau de la ceinture avant de l’élever à l’épaule tout ça en deux temps donc. Les "trois mouvements" sont arrivés sous forme de blague, probablement au cours du 19ème siècle, pour accentuer la rapidité du geste.

Une expression militaire... et musicale !

Mais la formule pourrait aussi tirer son origine du solfège. Dans la musique militaire, la mesure à deux temps est largement utilisée. Les temps forts et faibles se succèdent, et trois mouvements constituent un ensemble régulier, propice au défilé. "La justice militaire est à la justice, ce que la musique militaire est à la musique", disait d’ailleurs Georges Clémenceau.

Et comment dit-on "en deux temps, trois mouvements" chez nos voisins européens ? Outre-Manche on utilise "en un battement de cils". En néerlandais, c’est plutôt joli, il s’agit de la formule : "dans un juron et un soupir". Et au Portugal l’expression se transpose en "juste le temps pour le diable de se frotter l’œil" : ça ferait presque frissonner".

Europe 1
Par Stéphane Bern, édité par Manon Bernard