M. Pokora : "J'ai toujours été persuadé que j'allais être footballeur ou chanteur"

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Matt Pokora revient avec un nouvel album intitulé "Pyramide". Le huitième en quinze ans de carrière dont le chanteur a révélé les secrets au micro d'Isabelle Morizet.
INTERVIEW

Il est de retour avec Pyramide, son huitième album, et sera en tournée dès octobre. Pourtant, au début de l'année 2018, Matt Pokora avait annoncé qu'il faisait une pause. La prise de recul, notamment aux États-Unis, lui a été bénéfique. Invité de l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, le chanteur, qui a déjà quinze ans de carrière, a expliqué sa manière de travailler et son succès qui ne doit rien au hasard.

"Je n'ai jamais eu peur d'être ambitieux"

On l'avait laissé en blond peroxydé reprenant les tubes de Claude François. Changement de registre pour Matt Pokora qui aime se renouveler. "Il faut surprendre, c’est comme une histoire d’amour, il ne faut jamais laisser la relation s’endormir." Surprendre et aussi se recentrer, explique l'artiste. "Quand on sort d’un album de reprises, on se perd un peu, les gens oublient qui on est, nous." Pour rappel, outre ces 15 années sous les projecteurs, Matt Pokora accumule quelques victoires : des Bercy complets, des NRJ Music Awards, et le trophée de Danse avec les Stars. "Je n’ai jamais eu peur de rêver et d’être ambitieux", résume le chanteur. "Je sais que quand j’ai commencé, je n’étais pas le plus grand chanteur, pas le plus grand danseur, et je me suis mis à travailler, travailler. Il y a des aptitudes, des facilités, il faut travailler, ça ne vient pas tout seul", assure-t-il.

"A l'époque j'ai eu la chance de ma vie"

Si Matt Pokora prononce ce discours, c'est aussi parce qu'il a retenu une leçon. Adolescent, lui le fils du footballeur André Tota, il se voit bien embrasser la même carrière sportive que son père. "J'ai toujours été persuadé que j'allais être footballeur ou chanteur. J’étais bien plus avancé dans le foot que je ne l’étais dans le chant ou dans la musique", décrit l'artiste. A 15 ans, il passe même des tests pour devenir milieu de terrain à Sedan. "A l’époque, j’ai eu la chance de ma vie, celle d’intégrer un centre de formation de club professionnel. Je devais rester trois jours. Dix jours avant, c’était les vacances de Pâques. Je suis parti en vacances avec ma mère. Pendant dix jours, je n’ai rien fait. Je suis arrivé à l’essai, je n’étais pas prêt physiquement", raconte l'artiste.

Entendu sur europe1 :
e m’entraîne tous les jours parce que j’ai peur maintenant de ne plus être prêt. Ça découle de cette expérience où j’ai raté une première chance dans ma vie

"C’est pour ça qu’inconsciemment aujourd’hui, je suis tout le temps prêt quoi qu’il arrive. Je m’entraîne tous les jours parce que j’ai peur maintenant de ne plus être prêt. Ça découle de cette expérience où j’ai raté une première chance dans ma vie. Je le vois comme une forme de respect maintenant, d’être prêt physiquement." En appliquant son principe, il n'a ainsi pas laissé sa deuxième chance, celle de gagner Popstars deux ans plus tard, en 2003. Ce qui lui a ouvert les portes de sa carrière artistique.

"Le talent pur, c’est 20, 30% de la réussite"

Depuis, il n'a pas cessé d'associer sa capacité de travail à un réel contrôle. "Le talent pur, c’est 20, 30% de la réussite", dit-il avant de se lancer dans une comparaison sportive. "C’est comme dans le football, combien de joueurs sont talentueux ? On dit tout le temps 'c’est le nouveau Zidane', et au final, ils ne percent pas parce qu’ils n’ont pas la tête qui va avec le talent." A l'inverse, "on voit un Federer à 36 ans encore gagner tous les tournois. Federer sur le court, on ne le voit jamais casser des raquettes. C’est le mental. Un de mes meilleurs amis, Gaël Monfils, avait toutes les prédispositions pour être le plus grand tennisman de sa génération, parce qu’il était grand, il allait vite, il était souple, il tapait fort. Sa faiblesse est mentale plus que technique ou physique. Il n’a pas eu la carrière à la hauteur de son niveau même s’il fait une magnifique carrière", dit-il, avant de conclure : "C’est là que se joue la différence dans tous les domaines, c’est le mental. Mental, travail, respect", résume Matt Pokora qui se prépare d'ailleurs un nouveau défi.

Ce sera le cinéma, avec un tournage prévu en mai pour un rôle qu'il attendait depuis quinze ans, enfin "un rôle qui sortait des clichés".