Assassin's Creed Valhalla, une épopée viking à couper le souffle

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Dans "Assassin's Creed Valhalla", on incarne un viking parti à la conquête de l'Angleterre.
Dans "Assassin's Creed Valhalla", on incarne un viking parti à la conquête de l'Angleterre. © Ubisoft
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Douzième épisode de la licence phare d'Ubisoft, "Assassin's Creed Valhalla" transporte le joueur chez les vikings, à la fin du 9ème siècle. Mêlant habilement nouveautés audacieuses et héritage solide des précédents jeux, cet opus redonne du souffle à la série. Aussi rythmé que beau, ce "Valhalla" nous a convaincu.

Les amateurs de jeux vidéo confinés doivent être heureux en cette fin d'année. Les nouvelles consoles Xbox et Playstation sortent pour Noël et sont accompagnées de quelques jeux très attendus. Le premier d'entre eux n'est autre qu'une production française : Assassin's Creed Valhalla, douzième épisode de la licence phare d'Ubisoft. Une plongée ébouriffante dans les raids vikings qui reprend les codes de cette saga, réputée pour ses mondes ouverts gigantesques, tout en apportant quelques nouveautés intéressantes. Europe 1 a pu tester le jeu en avant-première.

Une saga à écrire

Le début d'Assassin's Creed Valhalla nous emmène dans les contrées neigeuses de la Norvège, à la découverte du clan du corbeau, une communauté paisible mais qui, confrontée aux affres des rivalités, va devoir déterrer la hache de guerre. L'occasion de faire nos premiers pas dans les bottes en fourrure d'Eivor, fier guerrier viking... ou fière guerrière puisque le jeu laisse la possibilité de choisir. Après ce prologue rafraîchissant, dans tous les sens du terme, qui pose les enjeux et les personnages, direction l'Angleterre pour partir à la conquête des royaumes morcelés et écrire notre "saga".

Le scénario s'inscrit dans la lignée de ce que fait Ubisoft depuis des années, mêlant tragédie familiale, camaraderie et complot sur fond de tumultes historiques. L'ensemble est sans réelle surprise narrative mais reste tout de même bien fait et tient la longueur (comme d'habitude, comptez une soixantaine d'heures de jeu en ligne droite, une centaine en s'attardant).

Prenant place à la fin du 9ème siècle, à une époque méconnue, Valhalla joue à fond la carte d'un Moyen-Âge mystérieux, propice à l'imagination. Un pari audacieux, à 180 degrés de son prédécesseur Odyssey (où les références historiques étaient légions) mais que nous saluons.

Veni, vidi, viking

Eivor et ses amis vikings débarquent donc en Angleterre dans le but d'établir une colonie. De quelques tentes battant au vent, il va falloir la transformer en un véritable village en pillant des matériaux (bois, cuir, métal) lors de raids dans les villages et les monastères voisins. On se prend réellement au jeu, revenant régulièrement chez nous pour améliorer telle ou telle échoppe ou simplement souffler un peu. Ce système permet également de justifier la myriade de quêtes annexes, creuses et répétitives dans Odyssey, mais qui prennent tout leur sens ici puisque tout ce que vous collectez sert à développer votre village.

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Si la colonie permet de mettre en lumière une facette méconnue des vikings, qui étaient aussi des commerçants, Assassin's Creed Valhalla revient vite au mythe des guerriers sanguinaires. Accueillis froidement par les Anglo-saxons, Eivor et ses compagnons se font une place dans ce nouveau pays à grands coups de hache et d'épée. La progression se fait au rythme d'alliances à forger avec d'autres colonies de vikings ou bien des rebelles locaux. En les aidant à prendre une place forte, ils vous épauleront dans votre conquête. Petit à petit, notre zone d'influence grandit, instaurant une progression assez rythmée. 

Bateau, assaut, dodo

Et c'est d'autant plus prenant que l'épopée est bien moins solitaire que dans Odyssey. Grâce aux déplacements en bateau, on peut s'entourer, quand on le souhaite, de plusieurs guerriers afin de mener à bien les missions et les pillages. Ainsi, plutôt que de s'infiltrer seul dans un fort ou une ville hostile en éliminant discrètement les gardes comme les derniers jeux nous poussaient à le faire (cela reste possible), on peut désormais la jouer collectif, faire sonner la corne et débarquer en nombre avec fracas par la grande porte. Et on ne rechigne jamais à se battre car les combats sont plaisants. On a désormais la possibilité d'équiper une arme ou un bouclier dans chaque main. Une idée bien mise en œuvre qui apporte un peu de diversité lors des batailles.

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À côté de ces nouveautés, Valhalla conserve aussi de nombreux éléments de gameplay d'Odyssey, à commencer par la dimension RPG, avec le héros à améliorer et à équiper d'armes et de vêtements glanés ici et là. Sur ce dernier point, on constate en revanche avec joie l'abandon du système d'Odyssey qui amenait à changer d'arme toutes les cinq minutes. Cette fois, il s'agit plutôt d'améliorer celles que l'on possède. Enfin, on retrouve le tableau des cibles de l'Ordre, ennemi des Assassins, à découvrir par le biais d'indices puis à éliminer.

Comment dit-on "bug" en norrois ?

Moins accaparé par l'amélioration du héros qu'auparavant, on savoure l'exploration, plus fluide et intéressante. L'Angleterre du 9ème siècle fourmille de choses à faire, en témoigne la map immense qui regorge de points d'intérêt, signalés par des points lumineux. Il peut s'agir de coffres à piller, d'artefacts anciens à trouver, de petites missions à faire en chemin impliquant des habitants ou encore de concours de boisson ou de jeux de dés. Bref, c'est riche.

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Avec toutefois un sérieux bémol technique à cette exploration puisque le jeu souffre de bugs malheureusement récurrents dans les Assassin's Creed. Les interactions entre Eivor et son environnement agacent rapidement : le viking se perche sans raison sur une caisse ou un muret mais il faut parfois s'y reprendre à trois fois pour grimper sur le toit d'une simple maison. Certaines missions se lancent mal et on note quelques bugs d'affichage de temps en temps. Le revers de la médaille d'un monde trop ouvert, avec trop de possibilités d'action pas toujours bien gérées par le moteur de jeu.

Par Odin, que c'est beau !

Terminons par les graphismes qui, eux, sont très réussis. Que ce soit les fjords glacés de Norvège ou les collines boueuses d'Angleterre, les décors et les environnements ont bénéficié d'un soin minutieux. Des villes fortifiées aux marécages brumeux en passant par les plaines parsemées de fermes, l'ambiance visuelle et sonore de Valhalla est absolument splendide. Et que dire du travail réalisé sur les lumières et la météo, d'un réalisme bluffant (on vous conseille les aurores boréales au début, un régal) ! Quant aux vikings, avec leurs tatouages, leurs barbes tressées et leurs expressions en vieux norrois, il sont indéniablement marquants.

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En résumé, Valhalla apporte un vent de fraîcheur bienvenu, après un Assassin's Creed Odyssey aussi beau visuellement que boursouflé sur le plan narratif à notre goût (trop de de sous-intrigues, de personnages secondaires etc). Paradoxalement, pour se renouveler, Ubisoft Montréal a puisé dans le passé. On retrouve et c'est une surprise, l'ambiance moyenâgeuse, le ton très sérieux ainsi que les séquences d'infiltration dans la foule du tout premier Assassin's Creed, sorti en 2007. Valhalla est sombre, sanglant et cela devrait plaire aux fans de la première heure.