Coupe du monde : les Bleus et les nombreuses "circonstances favorables"

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Faute de main de Perisic sur le penalty (1280x640) Adrian DENNIS / AFP
Ivan Perisic commet une faute de main sur un corner français… © Adrian DENNIS / AFP
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L'équipe de France a battu la Croatie, dimanche, en finale, en bénéficiant de circonstances favorables. Comme depuis le début du tournoi.

Dans le langage familier qui s'est imposé depuis le début de la Coupe du monde, on dirait que "la chatte à DD a encore frappé". Lors de la finale qui les a opposés à la Croatie, dimanche (4-2), les Bleus de Didier Deschamps ont en effet bénéficié une fois de plus de ce que l'on qualifiera moins crûment de "circonstances favorables". Des circonstances favorables qui n'ont pas vraiment quitté les Bleus depuis le début du Mondial. Et même avant…

Le tirage au sort : le groupe le plus abordable. Le 1er décembre 2017, le tirage au sort de la phase finale de la Coupe du monde désigne les trois adversaires de la France au premier tour. Dans le chapeau 2, les Bleus héritent du Pérou (plutôt que de l'Uruguay, de l'Angleterre, de la Colombie ou de la Croatie). Dans le chapeau 3, ensuite, c'est le Danemark qui sort. Une équipe solide certes, mais peut-être moins dangereuse que l'Islande ou la Suède. Enfin, dans le chapeau 4, c'est l'Australie qui est tirée, plutôt que le Japon ou le Nigeria. À l'arrivée, un groupe Pérou, Danemark et Australie très abordable. Et, cerise sur le gâteau, la France doit commencer la compétition par l'Australie, avant d'affronter le Pérou et le Danemark. Ce qui ressemble à une gentille montée en puissance…

Le premier tour : penalty, VAR et CSC. Pour son entrée dans le tournoi face à l'Australie, l'équipe de France se montre particulièrement empruntée. Peu avant l'heure de jeu, sur un contre, le défenseur australien Joshua Risdon tacle Antoine Griezmann par derrière. La faute est légère et la décision historique. Après consultation de la vidéo, l'arbitre de la rencontre, l'Uruguayen Andres Cunha, accorde le penalty à la France, une première en Coupe du monde.

Alors que l'Australie est revenue à hauteur, un autre coup du sort permet aux Bleus de repasser devant. Sur une tentative de frappe de Paul Pogba, l'Australien Aziz Behich dévie le ballon et trompe son propre gardien. Sans briller, la France s'impose 2-1 et se lance idéalement dans la compétition.

Cinq jours plus tard, face au Pérou, les Bleus se montrent bien plus convaincants. Mais le seul but de la rencontre est néanmoins inscrit après un tir dévié par Olivier Giroud qui atterrit dans les pieds de Kylian Mbappé, qui n'a plus que pousser le ballon dans le but vide. Après deux matches et avec six points au compteur, la France est qualifiée pour les huitièmes de finale avant la dernière journée et peut donc se permettre de lever gentiment le pied contre le Danemark, d'assurer le match nul (0-0) et de terminer première du groupe.

La phase à élimination directe : des absents très pesants. Face à l'Argentine en huitièmes de finale (4-3), les Bleus bénéficient très rapidement d'un penalty pour une faute de Marcos Rojo sur Kylian Mbappé, faute entamée en dehors de la surface de réparation… Mais c'est surtout en quarts de finale que les Bleus ne sont pas malheureux.

Leur adversaire, l'Uruguay, évolue sans l'un de ses deux attaquants vedettes, Edinson Cavani, auteur des deux buts de la qualification contre le Portugal en huitièmes de finale. Alors qu'elle mène 1-0, la France se met à l'abri grâce à une énorme faute de main du gardien de la Celeste, Fernando Muslera… En demies, contre la Belgique, privée de Thomas Meunier (excellent quatre jours plus tard contre l'Angleterre lors de la petite finale), les Bleus sont malmenés et s'en sortent sur un corner converti par Samuel Umtiti. Thibaut Courtois, le gardien des Diables rouges, parle d'une "équipe qui ne joue à rien". Peut-être, mais cette équipe continue de gagner et se retrouve en finale.

La finale : la totale. Contre la Croatie, la France nous a servi une sorte de "best of" : le but contre son camp, le penalty un brin généreux, la pression de l'adversaire. À la 18e minute, sur un coup franc de Griezmann, l'avant-centre de la Croatie, Mario Mandzukic, ouvre le score sur un but contre son camp. Une première en finale de la Coupe du monde. Vingt minutes plus tard, Ivan Perisic commet une faute de main dans la surface sur un corner. L'arbitre de la rencontre, l'Argentin Nestor Pitana, alerté par son homologue vidéo, va vérifier la chose sur le bord du terrain et accorde finalement le penalty. Un penalty accordé via la VAR : encore une première en finale de la Coupe du monde. Et cela doit être aussi une première en finale de la Coupe du monde, mais à la pause, les Bleus mènent 2-1 après avoir cadré un seul tir…

En deuxième période, la France, dominée une bonne partie de la rencontre, marque encore deux fois et achève cette finale avec quatre buts pour six tirs cadrés, une possession de 39% seulement et 198 passes réussies (pour 456 à la Croatie). Lors de cette Coupe du monde, les Bleus auront parfaitement symbolisé la fin du football de possession. Et démontré qu'une part de chance était aussi nécessaire pour aller au bout…