TEST – Avec l’Oculus Quest, la réalité virtuelle tient (enfin) ses promesses

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Le casque et les manettes sont complètement autonomes.
Le casque et les manettes sont complètement autonomes. © Europe 1
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Dernier casque de réalité virtuelle en date, l’Oculus Quest s’est débarrassé de ses fils pour offrir enfin la liberté de mouvement tant espérée.
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Réalité virtuelle. Deux mots qui ont mis l’eau à la bouche des technophiles pendant de longues années. La VR, comme on l’appelle couramment, a mis du temps à se concrétiser pour le grand public, jusqu’à l’arrivée des premiers casques de réalité virtuelle, en 2016, et une porte d’entrée toute trouvée : le jeu vidéo. Parmi les acteurs en pointe dans ce secteur, Oculus, filiale de Facebook, avait fait une entrée remarquée avec le Rift.

Prometteur, le premier casque VR commercialisé en France était toutefois bridé par sa technologie balbutiante et son fonctionnement filaire. Le Rift devait être branché en permanence à un ordinateur, restreignant au passage la liberté de mouvement du joueur. L’an dernier, Oculus a réalisé une première tentative sans fil avec le Go, plus accessible mais pas assez puissant. Son successeur, l’Oculus Quest - sorti le 21 mai au prix de 450 euros -, promettait de concilier sans fil et puissance dans un même casque. Qu’en est-il réellement ? Europe 1 l’a testé.

Un casque VR facile d’accès

Comme promis, l’Oculus Quest est totalement autonome. Plus besoin d’ordinateur ni de fil, le casque marche sur batterie. Quant aux deux contrôleurs, ils fonctionnent avec des piles. Seule obligation : avoir un smartphone sur lequel vous devez installer l’application Oculus afin de créer un compte perso (vous pouvez également y télécharger les jeux et accéder aux services Oculus).

La prise en main du casque est extrêmement simple. Outre les traditionnels réglages de la vision et de la luminosité, l’Oculus Quest requiert de votre part la création d’un "Guardian", le nom donné à la zone de jeu prédéfinie. Il suffit de la tracer avec un contrôleur, sur un espace d’au moins deux mètres sur deux. Si vous avez plus de place, nous vous recommandons d’élargir la zone pour plus de confort : certains jeux, comme des simulations de tennis de table, nécessitent des mouvements amples. Ce "Guardian" prend la forme d’une grille qui apparaît quand vous approchez des limites pour vous avertir. Une belle idée visuelle qui évite de casser un vase ou de se cogner dans le canapé.

Un mot d’ordre : liberté totale

Les réglages évacués, vous atterrissez dans l’accueil de l’Oculus Quest, qui prend la forme d’un salon boisé et cosy. C’est ici que se trouvent la boutique d’applications et votre bibliothèque ainsi que le navigateur Internet. Pas besoin de passer par le téléphone, vous pouvez vraiment tout gérer avec le casque sur la tête et c’est sacrément pratique. Dix minutes à peine après avoir déballé, l’Oculus Quest vous met déjà en situation avec un tutoriel pour vous apprendre à vous servir des contrôleurs et exploiter les possibilités de la réalité virtuelle.

Une fois lancé, l’Oculus Quest offre une liberté quasiment sans limite. Le casque, qui pèse à peine 600 grammes, et les contrôleurs, très bien adaptés à la paume des mains, n’entravent absolument pas les mouvements. Au contraire, tout est extrêmement fluide. Il est possible de se déplacer dans la zone du "Guardian", de sauter, balancer ses bras dans tous les sens, utiliser son pouce et son index pour des gestes de précision ou au contraire replier votre main en poing pour saisir des objets ou frapper des ennemis. Bref, à part piquer un sprint, on peut tout faire.

Des possibilités exploitées à travers la cinquantaine de jeux d’ores et déjà disponibles sur l’Oculus Store. De l’arcade pure aux shooters nerveux en passant par les simulations de sport et les jeux plus familiaux, il y en a pour tous les goûts. Parmi les réussites notables, on retient le jouissif Star Wars : Vader Immortal (qui n’a jamais rêvé de se battre avec un sabre laser ?), le très rythmé Beat Saber, l’inoubliable Superhot VR (le meilleur jeu VR sans le moindre doute), le très old-school Robo Call, etc. On ne vous en dit pas plus et on vous invite à lire notre sélection de jeux à ne pas rater dans l’Oculus Store.

En plus des jeux, on trouve aussi des applications de toutes sortes, comme Wander qui permet de plonger dans Google Street View pour faire du tourisme virtuel à 360 degrés, ou Guided Tai Chi qui vous apprend les rudiments de cet art martial chinois. A noter aussi que plusieurs chaînes de télévision, ainsi que Youtube et Netflix, ont développé des applications avec des contenus en réalité virtuelle. Au programme : des sports extrêmes, des frissons et des paysages à couper le souffle.

Une faible autonomie… et c’est peut-être mieux ainsi

Réellement satisfaisant, l’Oculus Quest n’est pas pour autant exclu de défauts. Le premier concerne les graphismes. Le jeu Star Wars Vader Immortal, aussi immersif et réussi soit-il, est doté de graphismes qui renvoient à l’époque de la PS2, avec décors vides et textures en carton. Tous les jeux ne sont pas logés à la même enseigne mais ceux qui s’en sortent le mieux sont finalement ceux qui intègrent cette limite graphique et optent pour un design cartoonesque (Angry Birds notamment) ou bien abstrait (Superhot VR est le meilleur exemple).

Techniquement, le principal défaut de l’Oculus Quest est néanmoins son autonomie, plus que faiblarde : comptez environ 2h30 d’utilisation pour une charge complète du casque (les piles des manettes, elles, tiennent aisément plusieurs dizaines d’heures). C’est peu mais ce n’est peut-être pas nécessairement une mauvaise chose. En effet, on ne s’immerge pas dans la réalité virtuelle comme on jouerait à la console. D’abord car il n’est pas sain de se couper du monde extérieur pendant plusieurs heures. Or, avec l’Oculus Quest, on se fait vite avoir par le temps.

Surtout, la VR est une expérience extrêmement physique. Nous avons pu le constater en effectuant des sessions de plus de trois heures (il est possible d’utiliser le casque tout en le rechargeant, même si cela implique une restriction des mouvements). Après une ou deux heures de simulation sportive (ping-pong avec Racket Fury et boxe dans Creed : Rise to Glory), il n’est pas rare de terminer en sueur !

Par ailleurs, la réalité virtuelle peut susciter chez certains joueurs la "motion sickness", une forme de mal des transports imputable au décalage entre les mouvements visualisés dans le casque et le corps qui, lui reste statique. Cela embrouille le cerveau et peut provoquer des nausées plus ou moins fortes. C’est particulièrement le cas dans les jeux impliquant des déplacements à pied. Nous avons ainsi dû arrêter, après seulement quelques minutes, de jouer à Dead & Buried 2, un jeu de tir multijoueur qui nécessite de se déplacer rapidement, à cause de hauts-le-cœur. En résumé, l’Oculus Quest, c’est top, mais il ne faut pas en abuser !

Verdict : si la VR vous tente, c’est le moment de vous y mettre !

Disons-le clairement : avec l’Oculus Quest, la réalité virtuelle tient enfin les promesses formulées depuis de longues années. Facile à prendre en main, s’adressant autant aux néophytes qu’aux geeks, véritablement immersif et doté d’un catalogue de jeux très fourni, ce casque peut séduire jusqu’aux sceptiques de la VR… à condition d’y mettre le prix.

La VR peut parfois être considérée à tort comme un accessoire. Mais l’Oculus Quest est comparable à une console de salon, par sa puissance et ses possibilités de développement. Et cela se voit dans le prix : 450 euros avec 64 Go ou 550 euros avec 128 Go. Sachant que les jeux pèsent en moyenne entre 500 Mo et 1 Go, et jusqu’à 3 Go pour les plus évolués techniquement, la version de  base suffit pour les joueurs occasionnels.

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