Boycotté par Google, Huawei dit avoir développé "un équivalent, en mieux"

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Huawei a mis au point son propre système pour contourner l'interdiction qu'il a de se servir de ce de Google. © Fred DUFOUR / AFP
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Invité d'Europe Soir, le président du conseil d’administration de Huawei, Jacques Biot, affirme que le géant chinois a mis au point son propre système pour contourner l'interdiction qu'il a d'utiliser les services de Google sur ses téléphones. Il balaie aussi les accusations d'espionnage de la marque pour le compte de Pékin, expliquant que ces insinuations le "font sourire". 

Comment survivre dans la jungle de la vente des smartphones sans les services de Google ? C'est à ce défi que doit faire face Huawei depuis plusieurs mois, après l'interdiction dictée par Donald Trumppour les sociétés américaines de collaborer avec le géant chinois, sur fond de soupçon d'espionnage pour le compte de Pékin. Mais Huawei a décidé de prendre le taureau par les cornes et de contourner cette difficulté en "développant ce qu'on appelle le dispositif HMS, un équivalent de Google en mieux", indique au micro d'Europe 1 Jacques Biot, président du conseil d’administration de Huawei. Un avis que ne partagent pas les sites spécialisés français.

Un système maison pour se passer de Google

Invité pour revenir sur l'annonce de la création d'une usine Huawei en France, il affirme que cet outil "va permettre à tous les acquéreurs de mobiles Huawei d'avoir accès à toutes les applications", y compris celle d'Alphabet, la maison-mère de Google. Une façon de contourner une partie de l'handicap causé par l'impossibilité d'utiliser les outils de Google, mais qui ne règle pas le fond du problème. Puisque même avec son propre système maison, le fondateur et PDG de la marque, Ren Zhengfei, ex-technicien militaire de l'Armée Populaire de la Libération (APL), garde des liens très fort avec le gouvernement chinois, et pourrait être contraint par ce dernier à lui fournir des informations en vertu d'une loi spécifique. 

Des insinuations d'espionnages qui font "sourire"

Un risque de voir fuiter des données stratégiques que Jacques Biot balaie d'un revers de la main : "Toutes ces insinuations nous font sourire. La plupart des grands patrons français sont d'anciens militaires qui sortent de Polytechnique." Plus précisément, selon une étude menée par IG Index fin 2018, 12 des 50 plus grands PDG français sortent de cette prestigieuse école. 

"Sur le fond", poursuit-il, "nous savons très bien que le marché européen souhaitera maintenir une diversité de l'offre, c'est dans son intérêt et la plupart des pays, dont la France, l'ont compris". 

Europe 1
Par Ugo Pascolo