Football Leaks : le contrat avec le PSG, "pour l'office du tourisme du Qatar, c'est une bonne affaire"

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Le propriétaire du Paris Saint-Germain, le cheikh al-Thani avec le président du club, Nasser al-Khelaïfi.
Le propriétaire du Paris Saint-Germain, le cheikh al-Thani avec le président du club, Nasser al-Khelaïfi. © KARIM JAAFAR / AFP
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L'économiste du sport Vincent Chaudel estime que le contrat qui a lié le Paris Saint-Germain et l'office du tourisme du Qatar était une aubaine pour les deux parties, alors que les Football Leaks ont pointé un dopage financier.

Du "dopage financier" ou une transaction légale gagnant-gagnant ? Vendredi, les "Football Leaks" révélés par Mediapart ont pointé le contrat passé entre le Paris Saint-Germain, sous pavillon qatari depuis 2011, et Qatar Tourism Authority (QTA), l'office du tourisme de ce petit pays du Golfe. Le site d'investigation parle de contrats surévalués, tandis que l'économiste du sport Vincent Chaudel évoque sur Europe 1 "une bonne affaire" pour QTA et le club de la capitale.

"La notoriété du Qatar a explosé". Avec le contrat, "la notoriété du pays Qatar a explosé", juge le spécialiste. "Si QTA avait dû développer et atteindre ce niveau de notoriété en achetant de la publicité de façon classique, ils auraient mis probablement plus que 200 millions d’euros sur la table", le montant que QTA a versé pendant cinq ans au PSG. "Pour QTA, c’est une bonne affaire et pour le PSG, c’est un bon contrat", tranche Vincent Chaudel, de l’Observatoire du sport business.

"Mais si on l’évalue au regard d’une autre prestation de service qui s’appelle le sponsoring, bien évidemment qu’on n’obtient pas les mêmes éléments de comparaison. Octagon arrive à 123.000 euros au lieu de 200 millions, on est juste dans des proportions ridicules et on se doute bien que ce n’est pas de la surévaluation mais de l’escroquerie."

Une évaluation "ridicule" à 123.000 euros ? "Mais, malheureusement, c’est aussi de l’escroquerie que de faire une évaluation à 123.000 euros", poursuit-il. "Ce n’est pas possible, on ne parle pas de la même chose." Tout dépend donc, selon lui, de la qualification du contrat liant le Paris Saint-Germain et QTA, entre un simple contrat de sponsoring et un contrat de brand nation, c'est-à-dire de la publicité pour un pays, perçu comme une véritable marque. "D'autres clubs ont des contrats avec des offices de tourisme", observe l'économiste, à l'image de ce qu'ont pu faire l'Azerbaïdjan et l'Atlético Madrid, par exemple.

Europe 1
Par Julien Froment, avec Thibaud Le Meneec